27 Mai 1996, Roland Garros, Court numéro 7. Jérôme Golmard, 23 ans, défie Renzo Furlan, quart de finaliste à Roland l’année d’avant. En talent pur, Jérôme éclabousse le stade et les tribunes, j’y étais. Sa patte gauche décomplexée est incisive, il trouve des angles incroyables, perfore, assomme, éclate au grand jour et son adversaire. Jusqu’à la fin du 4ème set, il est la réincarnation d’un Leconte au sommet. Et puis, vient le moment fatidique, le coup de grâce, du sort ou de trop, le moment de conclure qui fait du tennis ce sport si particulier, une discipline où la victoire ne peut se concrétiser sans mental ni maîtrise de ses émotions ; on gagne au tennis contre soi-même avant d’éteindre son rival du jour. Pour vaincre, le tennisman doit gérer un terrible paradoxe, comme un homme d’Etat stresse son peuple pour l’emmener sur le chemin de la sérénité, de la confiance et de la croissance, le joueur se met une pression folle pour ne pas être crispé par l’enjeu, se concentre pour ne pas perdre sa lucidité, respire pour ne pas voir ses muscles se raidir, se mobilise pour ne pas saccader ses gestes, ne pas les ralentir de centièmes de secondes imperceptibles à l’œil nu mais qui enrayent les machines bien huilées jusqu’à la noyade.
Fin de 4ème set, à deux doigts de la performance, à deux points de la victoire, à deux balles, à deux reprises, à deux mains son revers, à deux pas chassés de nous, seul contre lui-même et Furlan, on commence à s’inquiéter, depuis quelques minutes Jérôme puise ses forces dans le public, nous sollicite, provoque les connivences, balaye les tribunes de ses yeux craintifs alors qu’il balayait les lignes de ses coups quelques minutes auparavant, tente d’attraper nos regards complices ; tous les spectateurs découvrent un joueur sensible, comprennent que Jérôme a besoin d’aide, qu’il ne triomphera pas si on ne lui insuffle pas suffisamment d’énergie, d’Essence. Et il cala ce jour-là, mais cette défaite lança une carrière très honorable, jalonnée de coups d’éclat comme sa victoire en 1999 contre Carlos Moya, alors 2ème mondial, lors de laquelle il exhiba toute sa panoplie de coups et un mental exceptionnel pour aligner 9 jeux de rang ; c’est au moment où il était à l’agonie, au bord du gouffre, près de la défaite, qu’il fut animé d’un sursaut aussi salvateur que miraculeux qu’on appelle communément dans le tennis « l’énergie de désespoir », dont certains extraits sont visibles ici pour les amateurs de beau jeu.
Tous lui succombèrent au moins une fois : le grand Agassi alors numéro 1, Courier, Ferreira, Henman, Moya, Corretja, Rios ; Sampras parvint lui à canaliser sa fougue à Bercy après une superbe lutte à couteaux tirés. Sans flagornerie, on peut considérer que Jérôme fut un des meilleurs joueurs du monde au prorata temporis puisqu’il culmina à la 22ème place mondiale sans jamais faire une saison complète, lâché par son physique, déjà, dans l’incapacité de capitaliser sur ses victoires retentissantes pour enchaîner les résultats, sans possibilité de jouir lors de ses états de grâce, comme systématiquement puni de ses efforts.
Beaucoup d’amateurs l’ont adulé, quelques-uns l’ont envié sans le jalouser, particulièrement nous qui nous sommes cognés à l’asymptote, à nos propres limites, égarés dans le ventre mou de la deuxième série du tennis français, ventre mou ne réagissant pas aux séances d’abdominaux en tous genres. Si on avait le cœur léger, on pourrait plaisanter sur le fait que son parcours en dents de scie l’a mené chez le dentiste. Mais ses soucis ont commencé là, en janvier cette année, après une intervention dentaire anodine qui a révélé le mal qui le rongeait : la maladie de Charcot. En deux mois, il a perdu l’usage de ses jambes. Les médecins le condamnent, 3 ans maximum. Cauchemardesque. Golmardesque.
Jérôme ne se résigne pas. Lui, vit cette épreuve comme un match : il cherche des solutions et se raccroche à ce qu’il peut. Prêt à livrer un combat magistral. Au mental, il est persuadé de gagner, comment réagir autrement ?
Il déniche un médecin au remède miracle en Allemagne. Il a besoin de soutien, de liant, de liens, comme celui-ci, ses amis ont lancé un appel aux dons car le prix du remède miracle (4 opérations) est élevé, on peut lui écrire à cette adresse tcdavecledje@gmail.com.
En s’ingéniant à démonter les arguments du médecin allemand qu’ils élèvent au rang de charlatan, certains experts en neurologie ne font pas que condamner Jérôme, ils s’acharnent à dézinguer tous ses espoirs, mais de quel droit ? Ils ont pour eux le poids du passé, mais cela autorise-t-il à hypothéquer le futur, à revendiquer la mainmise sur l’avenir des malades ?
On peut être athée, scientifique, rationnel et continuer de croire en des zones inexplorées sans mysticisme ni prosélytisme, j’en témoigne ; explorer, progresser, apprendre, transmettre constituent les sens forts de l’Humanité qui continuera d’avancer en contournant les certitudes pétries. Galilée est mort raillé par une armée de savants et experts réunis qui se consacraient à démolir « son » héliocentrisme. Certes, n’est pas Galilée qui veut, mais tous les avant-gardistes et les charlatans ont en commun d’avoir glissé sur les peaux de bananes déposées par leurs détracteurs ; seul l’avenir permet de classer les uns et les autres dans une catégorie ou dans l’autre.
« Même sans espoir, la lutte est encore un espoir. » Romain Rolland
« On ne doit mettre son espoir qu’en soi-même. » Virgile
Baladin de l'info en faux-bas blindés, Léonnic a surgi hors de la nuit.
Auteur de "Moul€ Fric" (2007), "Si tu annules tout je reviens" (2009), "Entre deux chaises" (nouvelle, 2014) et "Un secret halo de rose" (2018)
Si le hasard t'emmène jusqu'ici, ne fuis point
Surfe et erre sans fin sur le blog du baladin
Smurfe dégingande-toi au sein du bal à daims
Avec imagination, Sans invitation
Ta religion est l'insubordination ?
Alors gausse-toi ici nul n'est bouffon
ni branque ni saltimbanque honnie soit sale ta banque
Juste des pions décidés à enfin décider
dans un bal laid où déambulent des daims
Manifestant leur insoumission avec dédain
LeonnicAsurgi@yahoo.fr
Le Grand Zapping
Les américains ont relancé leur économie
En forant, pompant polluant les nappes phréatiques
Quand le vieux continent s’insurge et ne pompe que l’air
Se dresse, brasse cet air, ces vents contraires, ennemis
Nous condamne en brandissant la menace écologique
Vante, loue nos nappes protégées des US par la mer ?
Nos nappes pour orner, alimenter tous ces tours de tables
Nos tables où on met dans le vin l’eau qu’il y a dans le gaz
Nos tables sans mélanger nos torchons et leurs serviettes
Nos tables avec du beurre ou l’argent du beurre pour fable
On oppose économie écologie, ça jase
On s’enlise dans la crise en se goinfrant de paupiettes
Il y a de l’eau dans le gaz, c’est l’ère du schisme
Il y a du schisme dans l’air, du schiste sous terre
Sur nos principes, adeptes du masochisme
Ils s’enrichissent, on sombre et les laisse faire
Puis on zappe car les sujets ne manquent pas
On les recense, les aborde en surface,
Avec brio, moins on résout plus il y en a
Ça meuble les débats, ces épiques farces
Au royaume des aveugles les borgnes sont rois
Les fiscalisés ne peuvent défiscaliser
Ni voir leur quotient familial ratiboisé
Les nantis les subventions publiques s’octroient
En zappant, on vernit, on flotte, on reste en surface
On se gargarise d’un rien, on se starifie
On s’inscrit, on rejoint, on lit des livres de face
On anéantit, on paupérise, on scarifie
On veut des emplois mais on court au self
S’empiffrer de frites ou de salsifis
Il n’y a même plus de pompiste chez Elf
Juste des salles pour faire des selfies
Autobiographies
Autofinancement
Autopsy
L’empire auto ment
En zappant on fait du bricolage, on promeut la ponceuse
Du coq à l’âne on saute, du coca light bu, on bulle
Dans un verre sans profondeur on dézingue la perceuse
Perchés au-dessus du vide, on a la vision d’un funambule
La superficialité nous gangrène, gagne du terrain
Rejoignez-nous, nombreux, pour asseoir notre suprématie
Pour conquérir le monde, prendre votre destin en mains
Devenir superficiels, c’est gagner en superficie !
En forant, pompant polluant les nappes phréatiques
Quand le vieux continent s’insurge et ne pompe que l’air
Se dresse, brasse cet air, ces vents contraires, ennemis
Nous condamne en brandissant la menace écologique
Vante, loue nos nappes protégées des US par la mer ?
Nos nappes pour orner, alimenter tous ces tours de tables
Nos tables où on met dans le vin l’eau qu’il y a dans le gaz
Nos tables sans mélanger nos torchons et leurs serviettes
Nos tables avec du beurre ou l’argent du beurre pour fable
On oppose économie écologie, ça jase
On s’enlise dans la crise en se goinfrant de paupiettes
Il y a de l’eau dans le gaz, c’est l’ère du schisme
Il y a du schisme dans l’air, du schiste sous terre
Sur nos principes, adeptes du masochisme
Ils s’enrichissent, on sombre et les laisse faire
Puis on zappe car les sujets ne manquent pas
On les recense, les aborde en surface,
Avec brio, moins on résout plus il y en a
Ça meuble les débats, ces épiques farces
Au royaume des aveugles les borgnes sont rois
Les fiscalisés ne peuvent défiscaliser
Ni voir leur quotient familial ratiboisé
Les nantis les subventions publiques s’octroient
En zappant, on vernit, on flotte, on reste en surface
On se gargarise d’un rien, on se starifie
On s’inscrit, on rejoint, on lit des livres de face
On anéantit, on paupérise, on scarifie
On veut des emplois mais on court au self
S’empiffrer de frites ou de salsifis
Il n’y a même plus de pompiste chez Elf
Juste des salles pour faire des selfies
Autobiographies
Autofinancement
Autopsy
L’empire auto ment
En zappant on fait du bricolage, on promeut la ponceuse
Du coq à l’âne on saute, du coca light bu, on bulle
Dans un verre sans profondeur on dézingue la perceuse
Perchés au-dessus du vide, on a la vision d’un funambule
La superficialité nous gangrène, gagne du terrain
Rejoignez-nous, nombreux, pour asseoir notre suprématie
Pour conquérir le monde, prendre votre destin en mains
Devenir superficiels, c’est gagner en superficie !
Schismes en gaz
C’est l’essence de l’Histoire : la compromission tue, beaucoup ont fini par payer en acceptant d’être achetés, tous ceux qui ne se sont pas rachetés ont payé, entachés par leurs contradictions, entichés de leurs victoires sans lendemain, étriquées, tachetés de lâcheté, de faiblesse ; ne pas reconnaître ces faits serait faire injure à ceux qui sont morts pour et avec leurs idées, est-il réellement nécessaire de donner des exemples ou d’en faire davantage (des exemples) ?
Tant d’exemples. Rien qu’en France. Pétain, héros de Verdun, a capitulé et terni son image définitivement en acceptant une paix des braves dépravée qui lui a octroyé un court répit et une humiliation à la hauteur de la rébellion naissante. D’autres, plus récemment, ont reçu des dictateurs, parfois même lors de la journée des droits de l’Homme. Tous ceux-là finissent par payer leurs compromissions, tous ceux qui ne peuvent se racheter finissent en faillite, par définition, débiteurs car discrédités, sans capacité de remboursement ; avant, c’était la bourse ou la vie, maintenant, c’est la bourse ou l’Europe.
Le Gaz de schiste est omniprésent, sur toutes les lèvres, de tous les tours de tables dressées, avec ou sans nappe phréatique, on n’y mélange pas les torchons et les serviettes, on y oppose sempiternellement relance de l’économie et intérêts écologiques dans des débats franchouillards, on ne met pas d'eau dans son vin ou alors celle qu'il y a dans le gaz, on aime bien opposer, on a dans notre ADN « le beurre ou l’argent du beurre », ça fait jaser, on en est restés au jazz, on assiste à un bœuf d’artistes désaccordés, à des envolées lyriques oniriques et on ne décide rien, après la crise de l’immobilier c’est la crise de l’immobilisme. Mais dans nos discussions enflammées on occulte un enjeu politique de taille : ne plus être dépendant d’un fournisseur qui exerce son pouvoir avec abus, force, mépris et goguenardise, avec la complicité d’artistes arrosés. Au pays des droits de l’Homme, on pourrait avoir une Ambition, un Cap : ne plus faire de la quête du pouvoir une obsession, mieux gérer son retard économique, sans envisager le protectionnisme, on ne pourra pas tout régenter, jamais, on pourrait par contre choisir ses dépendances, gérer au mieux son handicap en s’assurant que les puissances dont on dépend sont en capacité d’exercer leur pouvoir avec humanisme.
J’attends ça de l’Europe. Des rapports de force équilibrés, sains. Des règles de vie communes. Et, a minima, la paix intérieure. Sans maso-Schismes ni maltraitance des peuples que les pouvoirs autistes ne pl’Ukraignent.
Aujourd’hui encore, on peut mourir d’Europe.
Tant d’exemples. Rien qu’en France. Pétain, héros de Verdun, a capitulé et terni son image définitivement en acceptant une paix des braves dépravée qui lui a octroyé un court répit et une humiliation à la hauteur de la rébellion naissante. D’autres, plus récemment, ont reçu des dictateurs, parfois même lors de la journée des droits de l’Homme. Tous ceux-là finissent par payer leurs compromissions, tous ceux qui ne peuvent se racheter finissent en faillite, par définition, débiteurs car discrédités, sans capacité de remboursement ; avant, c’était la bourse ou la vie, maintenant, c’est la bourse ou l’Europe.
Le Gaz de schiste est omniprésent, sur toutes les lèvres, de tous les tours de tables dressées, avec ou sans nappe phréatique, on n’y mélange pas les torchons et les serviettes, on y oppose sempiternellement relance de l’économie et intérêts écologiques dans des débats franchouillards, on ne met pas d'eau dans son vin ou alors celle qu'il y a dans le gaz, on aime bien opposer, on a dans notre ADN « le beurre ou l’argent du beurre », ça fait jaser, on en est restés au jazz, on assiste à un bœuf d’artistes désaccordés, à des envolées lyriques oniriques et on ne décide rien, après la crise de l’immobilier c’est la crise de l’immobilisme. Mais dans nos discussions enflammées on occulte un enjeu politique de taille : ne plus être dépendant d’un fournisseur qui exerce son pouvoir avec abus, force, mépris et goguenardise, avec la complicité d’artistes arrosés. Au pays des droits de l’Homme, on pourrait avoir une Ambition, un Cap : ne plus faire de la quête du pouvoir une obsession, mieux gérer son retard économique, sans envisager le protectionnisme, on ne pourra pas tout régenter, jamais, on pourrait par contre choisir ses dépendances, gérer au mieux son handicap en s’assurant que les puissances dont on dépend sont en capacité d’exercer leur pouvoir avec humanisme.
J’attends ça de l’Europe. Des rapports de force équilibrés, sains. Des règles de vie communes. Et, a minima, la paix intérieure. Sans maso-Schismes ni maltraitance des peuples que les pouvoirs autistes ne pl’Ukraignent.
Aujourd’hui encore, on peut mourir d’Europe.
L’extension du domaine de l’allure : lits et ratures
Au tour de la littérature, maintenant ! Ça aurait pu s’appeler l’Académie des neuf, mais on ne fait pas du neuf avec du vieux, et ils ne seront pas neuf, ce sera l’académie Balzac. Vingt auteurs autour d’une piscine, vains vautours auteurs, châtelains qui plus est car c’est bien connu, les grands écrivains sont issus de la bourgeoisie, comme la Comtesse de Ségur, nul homme ou femme de lettres n’a connu les affres de la pauvreté puisque c’est dans le confort que l’on crée, c’est notoire, ça coule de source d’où l’eau et la piscine, désormais il faudra savoir nager pour écrire quand les anciens ne savaient qu’écrire, il faudra mettre de la crème solaire en sirotant un cocktail à l’ombre quand les anciens s’autodétruisaient ; il faut bien vivre avec son temps. Le lauréat de la téléréalité littéraire qui s’annonce sera celui qui n’aura pas été éliminé entretemps, en fonction de critères assez fumeux, peut-être celui qui aura touché le fond, de la piscine, il faudra savoir parler, se montrer, ajuster sa communication, se vendre, tout ce que Sagan n'avait pas ; la littérature n’est pas un art vivant, ce n’est pas une raison pour souhaiter sa mort.
Il faut bien admettre qu’on n’a plus le temps pour rien et qu’on est devenus omniscients, alors pourquoi lire autre chose que des posts de réseaux sociaux, après tout ? Les classiques sont barbants, les classiques n’ont rien à voir avec le classicisme, époque révolue, les classiques ne sont au final que des œuvres contemporaines qui ont eu le temps de vieillir, à coup sûr dans cent ans on qualifiera de classiques les meilleurs posts de réseaux sociaux.
Une bibliothèque personnelle n’est plus qu’un signe extérieur d’intellectualisme, un meuble qu’on exhibe chez soi comme on exhibait sa télé dans les années 70, tout le monde a une télé, les livres se lisent en tranches, sur la tranche sur laquelle on lit le titre et le nom de l’auteur, comme ces tranches de vies téléréalistes, le Goncourt n’a jamais été autant acheté et aussi peu lu, c’est désormais l’image de l’auteur qui compte, peu importe le contenu de ses livres, tant qu’il reste lisse ou qu’il s’insurge contre un ennemi commun ou une cause adverse, la bankabilité gagne le monde de la littérature et il serait stupéfiant qu’un auteur émerge de ce concours autant qu’il émargera, rien d’autre ne sortira de cette épreuve clownesque que les bizarreries habituelles sous les yeux d’un public complaisant qui s’appauvrit sous les feux de projecteurs et producteurs s’enrichissant sur le dos de candides acteurs lowcost, marge maximale, sur le dos de ces illustres inconnus en mal de vitamine D et à qui on offre une lumière trop vive, ils en sortiront atteints du cancer de la surexposition. Voilà la vocation des téléréalités, ne sont pas philanthropiques, n'ont révélé aucun grand talent jusqu’ici, à part Olivia Ruiz, qui d’ailleurs avait été éliminée avant la fin et a su cracher dans la soupe après coup, ce qui est tout à son honneur.
Beaucoup de questions fondamentales se posent avant l'académie Balzac.
Devrait-on parler de téléfiction si l’on considère que cette téléréalité littéraire s’apprête à couronner un auteur de fiction ?
Les bombes seront-elles tolérées dans cette piscine où on ne saurait faire trop de vagues ?
Faudra-t-il porter un bonnet de bains ? Et si le lauréat attrapait des poux ? Imaginez qu’il passe un coup de fil pour demander un shampoing parapoux, Allô… Peut-on d'ailleurs être un grand auteur et avoir des poux ?
Peut-on parler d'inspiration quand un auteur gonflera ses poumons d’air avant de plonger ?
Les organisateurs savent-ils qu’il arrive à chaque auteur d’être noyé au milieu d’un océan d’idées avant de reprendre pied ? Par conséquent, quelle sera la profondeur du bassin ?
Faudra-t-il savoir mener sa barque ou mener une vie de château ? Savoir mener sa vie plutôt ? Les candidats sauront-ils ne pas bâtir de châteaux de carte ou en Espagne ?
Les candida seront-ils traités avec l’eau du bain ?
Plouf.
Il faut bien admettre qu’on n’a plus le temps pour rien et qu’on est devenus omniscients, alors pourquoi lire autre chose que des posts de réseaux sociaux, après tout ? Les classiques sont barbants, les classiques n’ont rien à voir avec le classicisme, époque révolue, les classiques ne sont au final que des œuvres contemporaines qui ont eu le temps de vieillir, à coup sûr dans cent ans on qualifiera de classiques les meilleurs posts de réseaux sociaux.
Une bibliothèque personnelle n’est plus qu’un signe extérieur d’intellectualisme, un meuble qu’on exhibe chez soi comme on exhibait sa télé dans les années 70, tout le monde a une télé, les livres se lisent en tranches, sur la tranche sur laquelle on lit le titre et le nom de l’auteur, comme ces tranches de vies téléréalistes, le Goncourt n’a jamais été autant acheté et aussi peu lu, c’est désormais l’image de l’auteur qui compte, peu importe le contenu de ses livres, tant qu’il reste lisse ou qu’il s’insurge contre un ennemi commun ou une cause adverse, la bankabilité gagne le monde de la littérature et il serait stupéfiant qu’un auteur émerge de ce concours autant qu’il émargera, rien d’autre ne sortira de cette épreuve clownesque que les bizarreries habituelles sous les yeux d’un public complaisant qui s’appauvrit sous les feux de projecteurs et producteurs s’enrichissant sur le dos de candides acteurs lowcost, marge maximale, sur le dos de ces illustres inconnus en mal de vitamine D et à qui on offre une lumière trop vive, ils en sortiront atteints du cancer de la surexposition. Voilà la vocation des téléréalités, ne sont pas philanthropiques, n'ont révélé aucun grand talent jusqu’ici, à part Olivia Ruiz, qui d’ailleurs avait été éliminée avant la fin et a su cracher dans la soupe après coup, ce qui est tout à son honneur.
Beaucoup de questions fondamentales se posent avant l'académie Balzac.
Devrait-on parler de téléfiction si l’on considère que cette téléréalité littéraire s’apprête à couronner un auteur de fiction ?
Les bombes seront-elles tolérées dans cette piscine où on ne saurait faire trop de vagues ?
Faudra-t-il porter un bonnet de bains ? Et si le lauréat attrapait des poux ? Imaginez qu’il passe un coup de fil pour demander un shampoing parapoux, Allô… Peut-on d'ailleurs être un grand auteur et avoir des poux ?
Peut-on parler d'inspiration quand un auteur gonflera ses poumons d’air avant de plonger ?
Les organisateurs savent-ils qu’il arrive à chaque auteur d’être noyé au milieu d’un océan d’idées avant de reprendre pied ? Par conséquent, quelle sera la profondeur du bassin ?
Faudra-t-il savoir mener sa barque ou mener une vie de château ? Savoir mener sa vie plutôt ? Les candidats sauront-ils ne pas bâtir de châteaux de carte ou en Espagne ?
Les candida seront-ils traités avec l’eau du bain ?
Plouf.
La théorie du con plausible
Les mots sont suivis des faits :
- 9 Janvier 2014 : Dieudonné, très infiltré dans le milieu artistique, est interdit de donner son spectacle par le Conseil d’Etat, suite à une circulaire du Ministre de l’Intérieur.
- 10 Janvier 2014 à l’aube : Un journal à scandales révèle la liaison entre François Hollande & Julie Gayet, très infiltrée dans le milieu artistique ; liaison dont on apprendra plus tard qu’elle était connue de tous (ou presque..) dans le milieu.
- 10 Janvier 2014 dans l’après-midi : Dieudonné annonce avoir écrit un nouveau spectacle en 3 nuits.
- 13 Janvier 2014 : Dieudonné est autorisé à jouer son nouveau spectacle.
Simples coïncidences ? Les journaux à scandales font-ils désormais partie de la grande famille au sein de laquelle on lave le linge sale (après l’avoir sali) ? Peut-on associer cette censure historique à cette révélation dévastatrice ? Qui tire les ficelles ? N’est-elle pas un peu grosse (la ficelle) ? Ça croustille, ça émoustille, des bisbilles ou la Bastille ? Les initiales de Scandale Sexuel et la censure d’un antisémite sont-elles liées ? Existe-t-il un traitement antimite efficace ? Une quenelle est-elle le geste d’un nazi ou d’un inculte de la personnalité ? Est-elle le geste désespéré d’une victime ou l’agression d’un bourreau ? A choisir son camp, vaut-il mieux être victime ou bourreau ? Le monde est-il devenu binaire, avec tout le monde du même côté ?
La vie privée des gens publics qui se bécotent sur les bancs déchaîne les passions et fait couler des hectolitres d'encre, une marée noire sans égal, les gens de l'ombre casquent pour la photo d'un visage à casque. Etonnant, non ?
- 9 Janvier 2014 : Dieudonné, très infiltré dans le milieu artistique, est interdit de donner son spectacle par le Conseil d’Etat, suite à une circulaire du Ministre de l’Intérieur.
- 10 Janvier 2014 à l’aube : Un journal à scandales révèle la liaison entre François Hollande & Julie Gayet, très infiltrée dans le milieu artistique ; liaison dont on apprendra plus tard qu’elle était connue de tous (ou presque..) dans le milieu.
- 10 Janvier 2014 dans l’après-midi : Dieudonné annonce avoir écrit un nouveau spectacle en 3 nuits.
- 13 Janvier 2014 : Dieudonné est autorisé à jouer son nouveau spectacle.
Simples coïncidences ? Les journaux à scandales font-ils désormais partie de la grande famille au sein de laquelle on lave le linge sale (après l’avoir sali) ? Peut-on associer cette censure historique à cette révélation dévastatrice ? Qui tire les ficelles ? N’est-elle pas un peu grosse (la ficelle) ? Ça croustille, ça émoustille, des bisbilles ou la Bastille ? Les initiales de Scandale Sexuel et la censure d’un antisémite sont-elles liées ? Existe-t-il un traitement antimite efficace ? Une quenelle est-elle le geste d’un nazi ou d’un inculte de la personnalité ? Est-elle le geste désespéré d’une victime ou l’agression d’un bourreau ? A choisir son camp, vaut-il mieux être victime ou bourreau ? Le monde est-il devenu binaire, avec tout le monde du même côté ?
La vie privée des gens publics qui se bécotent sur les bancs déchaîne les passions et fait couler des hectolitres d'encre, une marée noire sans égal, les gens de l'ombre casquent pour la photo d'un visage à casque. Etonnant, non ?
L'émoi de Janvier
700 millions de chinois, émoi, émoi, émoi ; le communisme est mort, la Chine communiste domine le monde.
On ne pense plus, on panse, donc on est. Anti cartésiens.
En janvier, on se régale. On régale, galettes, éternels, électrons, non libres on fait les coqs, coqs en pâte, épate la galerie, rit jaune ; d’où la suprématie chinoise, le riz jaune c’est en Inde, qui attend sagement son heure, de gloire, elle arrive, tout arrive, contre eux de la tyrannie, ils forment leurs bataillons à coups de triques démographiques, concours de castes se préparant au règne en indivision.
La galette des rois en janvier c’est en hommage à Louis XVI ? Sans queue ni tête. C’est l’épiphanie. Concours de circonstances troublant s’il n’était anachronique, n’est pas roi qui veut, les royalistes ne peuvent s’enorgueillir de la situation le 21 janvier, ne peuvent récupérer la galette comme d’autres ont récupéré Jeanne d’Arc, en professionnels de la com’ de l’image, évincer les rois mages, au prétexte que leurs rois ont réellement existé, sévi.
Le plus important dans la galette des rois, c’est sa garniture et la fève. A la frangipane, c’est meilleur.
On a gardé cette coutume comme on entretient une servitude. En faisant fi de son histoire. Des pervers font leurs quenelles en prétextant cuisiner, mais ils réchauffent sciemment un plat des années 30 dans un contexte de crise des années 30 à leurs convives affamés de haine ou assoiffés d’inculture. Honteusement, sans se soucier des origines.
La galette des rois sans se soucier des origines, c’est peut-être une leçon de vie qu’il faudrait graver dans le marbre, pour qu’on s’en soucie. Toutes les origines ne sont pas « assumables », certaines sont consumables, sorties de leurs contextes ; s’intéresser aux contextes requiert un effort, entretenir les coutumes entretient la jouissance, la jouissance est un droit. On met des mots sur des choses et des événements, on met des choses et des gens dans des cases, ça rassure, ça cadre, ça borne, ça donne des repères, ça restreint, ça polarise, les cases sont des boussoles, absolues. Mais ces mots, qu’on met sur des choses et dans des cases, restent contextuels, sont autres en dehors de leur contexte et les contextes évoluent aussi, par définition, forcément, parfois cycliquement, cyclothymiquement, un cyclothymique ment une fois sur deux, dans une symphonie divergente d’où ne subsistent que les habitudes, qu’on se transmet tels des animaux, de proches en proches, symphonies composées parfois par des sourds, tel Beethoven, il vaut toujours mieux entendre ça que d’être sourd, au royaume des aveugles les borgnes sont rois, ces borgnes à condition de garder l’œil ouvert sauront saisir le sens de ce message de bonne année 2014 adressé à tous, et l’ambition qu’il recèle.
On ne pense plus, on panse, donc on est. Anti cartésiens.
En janvier, on se régale. On régale, galettes, éternels, électrons, non libres on fait les coqs, coqs en pâte, épate la galerie, rit jaune ; d’où la suprématie chinoise, le riz jaune c’est en Inde, qui attend sagement son heure, de gloire, elle arrive, tout arrive, contre eux de la tyrannie, ils forment leurs bataillons à coups de triques démographiques, concours de castes se préparant au règne en indivision.
La galette des rois en janvier c’est en hommage à Louis XVI ? Sans queue ni tête. C’est l’épiphanie. Concours de circonstances troublant s’il n’était anachronique, n’est pas roi qui veut, les royalistes ne peuvent s’enorgueillir de la situation le 21 janvier, ne peuvent récupérer la galette comme d’autres ont récupéré Jeanne d’Arc, en professionnels de la com’ de l’image, évincer les rois mages, au prétexte que leurs rois ont réellement existé, sévi.
Le plus important dans la galette des rois, c’est sa garniture et la fève. A la frangipane, c’est meilleur.
On a gardé cette coutume comme on entretient une servitude. En faisant fi de son histoire. Des pervers font leurs quenelles en prétextant cuisiner, mais ils réchauffent sciemment un plat des années 30 dans un contexte de crise des années 30 à leurs convives affamés de haine ou assoiffés d’inculture. Honteusement, sans se soucier des origines.
La galette des rois sans se soucier des origines, c’est peut-être une leçon de vie qu’il faudrait graver dans le marbre, pour qu’on s’en soucie. Toutes les origines ne sont pas « assumables », certaines sont consumables, sorties de leurs contextes ; s’intéresser aux contextes requiert un effort, entretenir les coutumes entretient la jouissance, la jouissance est un droit. On met des mots sur des choses et des événements, on met des choses et des gens dans des cases, ça rassure, ça cadre, ça borne, ça donne des repères, ça restreint, ça polarise, les cases sont des boussoles, absolues. Mais ces mots, qu’on met sur des choses et dans des cases, restent contextuels, sont autres en dehors de leur contexte et les contextes évoluent aussi, par définition, forcément, parfois cycliquement, cyclothymiquement, un cyclothymique ment une fois sur deux, dans une symphonie divergente d’où ne subsistent que les habitudes, qu’on se transmet tels des animaux, de proches en proches, symphonies composées parfois par des sourds, tel Beethoven, il vaut toujours mieux entendre ça que d’être sourd, au royaume des aveugles les borgnes sont rois, ces borgnes à condition de garder l’œil ouvert sauront saisir le sens de ce message de bonne année 2014 adressé à tous, et l’ambition qu’il recèle.
Le Nouvel An douille
Vite, il ne reste plus que quelques jours pour figurer dans le Grand Bêtisier 2013 et ainsi récolter les fruits d’une quête insensée, fruits pourris à force de résister à la cueillette, à force d’esquiver, à force d’éviter la chute libre, à ne pas vouloir tomber des nues, sur un os, sur plus fort que soi, sur sa fesse qui s’affaisse, à trop vouloir tomber la chemise, amoureux, il y a sûrement un truc à tirer de la situation, à glaner de tout ça, une récompense quelconque, l’Award du bidule, voir sa trombine sur un site et surtout la montrer, aux autres, une poignée de main futile à un personnage de lumière, lumière stroboscopique, la reconnaissance d’un jour, un panier garni aux dates de péremption éloignées, à l’obsolescence programmée pour plus tard, qui finit par craquer à force de faiblesses.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, l’air de rien.
La corde a été tirée à l’extrême, aux extrêmes, autour des cous, pas seulement ceux des volontaires, raide, hier des Andes, en Afghanistan en Iran, lapidations en vogue, dilapidations de liberté, c’est-toujours-pire-ailleurs conforte dans l’immobilisme et la médiocrité, on ne s’émeut plus de rien, ou alors le temps de zapper, puis on zappe, c’est-toujours-pire-ailleurs ou l’adoption de la misère comme norme de vie, ailleurs d’où on importe cette théorie de la relativité, ailleurs où on exporte notre travail, notre sidérurgie, nos ferrailleurs, pour faire ailleurs.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on aspirait à l’ère écologique, on aura l’aire d’autoroute en guise de non-prolifération des gaz à effets de serre, une aire low cost favorisant l’enrichissement de ses propriétaires, du duc de guise, une aire Carrefour, enseigne qui ne manque pas d’aires, on désirait assainir l’atmosphère, on assène des discours aux contraintes budgétaires, l’ère du budget, on fantasmait sur l’ère pure, mais ça coute trop cher, à trop comprimer les budgets on aura de l’air comprimé, du coup on fait la gueule et on a enfin la réponse, oui, on a une gueule d’atmosphère.
L’élastique va finir par péter, la constante d’élasticité n’est pas variable, par définition, c’est sémantique, hélas et sans tiquer, il ne viendra plus en retour fouetter ces donneurs d’ordre aveugles en recherche de limites, au royaume des aveugles le borgne est roi, il ne viendra plus gifler ce pouvoir autiste, dépassant les bornes, sans bornes en tête, il ne viendra plus lui signifier qu’il va trop loin, il ne lui donnera plus de répondant, il destituera le pouvoir d’un putsch subit et subi, car un chef n’est plus rien sans ses armées, ce sont les limites de la politique de l’élastique, on sait qu’on ne peut plus rien faire quand c’est trop tard, quand il n’y a plus de rafistolage possible. L’anarchie point, en suspension…
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on se prépare à la famine, à la dalle, à une vie de chien, d’airedale.
Les poches sont vides, les bourses stériles, comment se reproduire dans ce contexte, la crise a tout justifié, légitimé, raflé, les ménages moyens ont pourtant joué le jeu, ont continué de consommer, mais l’obsolescence programmée les a définitivement ruinés, les microprocesseurs des produits high tech sont programmés pour tomber en panne le jour J, juste après la fin de la garantie, à plus ou moins court terme, selon qu’on a opté ou pas pour son extension. On se réjouit d’accéder à des produits de moins en moins chers, on ne réalise pas qu’on les renouvelle de plus en plus souvent, on ne réalise pas qu’au final on dépense tellement plus.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on va s’hystériser.
C’est la théorie de l’hystérésis, le fameux diagramme : quand on nous annonce le début de la crise, on ne la sent pas vraiment, quand le pire est censé être derrière nous, on est exsangues. Entre ce qu’on nous ressasse et ce qu’on vit, il y a un gouffre. Selon le diagramme d’hystérésis, il faut doper pour réamorcer la dynamique et voir ses effets se produire, selon les différents organes du pouvoir, il semble qu’il faille juste du temps.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on se prépare à entrer en ère rance.
Ceci dit, c’est toujours pire ailleurs.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, l’air de rien.
La corde a été tirée à l’extrême, aux extrêmes, autour des cous, pas seulement ceux des volontaires, raide, hier des Andes, en Afghanistan en Iran, lapidations en vogue, dilapidations de liberté, c’est-toujours-pire-ailleurs conforte dans l’immobilisme et la médiocrité, on ne s’émeut plus de rien, ou alors le temps de zapper, puis on zappe, c’est-toujours-pire-ailleurs ou l’adoption de la misère comme norme de vie, ailleurs d’où on importe cette théorie de la relativité, ailleurs où on exporte notre travail, notre sidérurgie, nos ferrailleurs, pour faire ailleurs.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on aspirait à l’ère écologique, on aura l’aire d’autoroute en guise de non-prolifération des gaz à effets de serre, une aire low cost favorisant l’enrichissement de ses propriétaires, du duc de guise, une aire Carrefour, enseigne qui ne manque pas d’aires, on désirait assainir l’atmosphère, on assène des discours aux contraintes budgétaires, l’ère du budget, on fantasmait sur l’ère pure, mais ça coute trop cher, à trop comprimer les budgets on aura de l’air comprimé, du coup on fait la gueule et on a enfin la réponse, oui, on a une gueule d’atmosphère.
L’élastique va finir par péter, la constante d’élasticité n’est pas variable, par définition, c’est sémantique, hélas et sans tiquer, il ne viendra plus en retour fouetter ces donneurs d’ordre aveugles en recherche de limites, au royaume des aveugles le borgne est roi, il ne viendra plus gifler ce pouvoir autiste, dépassant les bornes, sans bornes en tête, il ne viendra plus lui signifier qu’il va trop loin, il ne lui donnera plus de répondant, il destituera le pouvoir d’un putsch subit et subi, car un chef n’est plus rien sans ses armées, ce sont les limites de la politique de l’élastique, on sait qu’on ne peut plus rien faire quand c’est trop tard, quand il n’y a plus de rafistolage possible. L’anarchie point, en suspension…
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on se prépare à la famine, à la dalle, à une vie de chien, d’airedale.
Les poches sont vides, les bourses stériles, comment se reproduire dans ce contexte, la crise a tout justifié, légitimé, raflé, les ménages moyens ont pourtant joué le jeu, ont continué de consommer, mais l’obsolescence programmée les a définitivement ruinés, les microprocesseurs des produits high tech sont programmés pour tomber en panne le jour J, juste après la fin de la garantie, à plus ou moins court terme, selon qu’on a opté ou pas pour son extension. On se réjouit d’accéder à des produits de moins en moins chers, on ne réalise pas qu’on les renouvelle de plus en plus souvent, on ne réalise pas qu’au final on dépense tellement plus.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on va s’hystériser.
C’est la théorie de l’hystérésis, le fameux diagramme : quand on nous annonce le début de la crise, on ne la sent pas vraiment, quand le pire est censé être derrière nous, on est exsangues. Entre ce qu’on nous ressasse et ce qu’on vit, il y a un gouffre. Selon le diagramme d’hystérésis, il faut doper pour réamorcer la dynamique et voir ses effets se produire, selon les différents organes du pouvoir, il semble qu’il faille juste du temps.
Cette année, on ne va pas seulement changer d’année, on va changer d’ère, on se prépare à entrer en ère rance.
Ceci dit, c’est toujours pire ailleurs.
Lapidaires (poème afghan)
Cavaliers, les soldats libérateurs n’avaient pas mégoté
Sur les moyens, sans appeau mais pour la peau de Ben Laden
A cheval sur le magot qu’ils n’ont toujours pas dégoté
Engagés en guerre insensée censée éradiquer la haine
Parachutés poilus en cueillette
Couverts de fleurs au fusil pour
Raser ces barbes trop longues
Poilus envahisseurs d’un jour
Tondus en Rangers sans tong
Parés pour le concours de quéquettes
Engoncés dans ce bourbier
Missionnés pour le coup de poing
Barbiers de la situation
Aux moustaches rasées avec soin
Déserteurs de compromissions
Raseurs gratis non apostasiés
Raseurs de murs à foison
Raseurs jusqu’à l’oraison
Dehors le pouvoir public, dehors les talibans publics
Tel était le leitmotiv, garrotter, stopper la gangrène
Aujourd’hui les talibans ragotent sur les bancs publics
Bancs publics, revanchards tels des idéaux qui s’égrènent
Les colons débarquèrent dans leurs tanks banalisés
Pour les décoloniser, les guérir du cancer
Flinguer les polypes, les milices, les sales types policés
Un traitement lourd que d’autres voies évacuèrent
La coloscopie aujourd’hui est formelle
Les talibans préparent la scission leur résurrection
Ils pullulent et distillent leurs idées cruelles
Le peuple afghan sans solution est en rémission
Les talibans sont une maladie auto immune
Des antibio ayant mal tourné jusqu’au schisme
Après usage non jetés dans la fosse commune
Des armées armées pour tuer le communisme
Les talibans sont une mauvaise herbe
Des rhizomes ayant échappé au brûlis
Qu’on ne peut raser d’une fronde acerbe
Qui ressassent, repoussent comme des pissenlits
Les talibans ont eu la peau de l’URSS, de Marx
Et de ses frères, Jacques en tête, mais n’ont pas eu raison
De la philosophie : l’opium est la religion du peuple
D’un peuple endolori par les remèdes de ses disciples
L’opium est l’engrais de ces terres fertiles
Abêtit, transforme les maisons en chenils
Régresser fait avancer quand on est saoul
A travers les ciments et plaines de Kaboul
La liberté des femmes aujourd’hui menacée
Bafouée, on ne peut faire le bien des autres
Sans expliquer, sans projeter, sans accompagner
Juste en rasant des terres qu’on veut faire vôtres
Comme une frange de croates croassent
sur le mariage homo qu’ils fracassent
Le pouvoir afghan ne lésine pas
Avance en bandes, encercle au compas
En bandes organisées
En bandes afghanisées
En bandes non dessinées
Bande non tétanisé
Bande face aux garçons désarçonnés
En rut sans cerveau comme des veaux
Recycle les eaux usées du caniveau
Légiférer n’est pas démocratiser
Qui ne capte pas sera décapitéE
Qui dilapide son mariage sera lapidéE
Sur les moyens, sans appeau mais pour la peau de Ben Laden
A cheval sur le magot qu’ils n’ont toujours pas dégoté
Engagés en guerre insensée censée éradiquer la haine
Parachutés poilus en cueillette
Couverts de fleurs au fusil pour
Raser ces barbes trop longues
Poilus envahisseurs d’un jour
Tondus en Rangers sans tong
Parés pour le concours de quéquettes
Engoncés dans ce bourbier
Missionnés pour le coup de poing
Barbiers de la situation
Aux moustaches rasées avec soin
Déserteurs de compromissions
Raseurs gratis non apostasiés
Raseurs de murs à foison
Raseurs jusqu’à l’oraison
Dehors le pouvoir public, dehors les talibans publics
Tel était le leitmotiv, garrotter, stopper la gangrène
Aujourd’hui les talibans ragotent sur les bancs publics
Bancs publics, revanchards tels des idéaux qui s’égrènent
Les colons débarquèrent dans leurs tanks banalisés
Pour les décoloniser, les guérir du cancer
Flinguer les polypes, les milices, les sales types policés
Un traitement lourd que d’autres voies évacuèrent
La coloscopie aujourd’hui est formelle
Les talibans préparent la scission leur résurrection
Ils pullulent et distillent leurs idées cruelles
Le peuple afghan sans solution est en rémission
Les talibans sont une maladie auto immune
Des antibio ayant mal tourné jusqu’au schisme
Après usage non jetés dans la fosse commune
Des armées armées pour tuer le communisme
Les talibans sont une mauvaise herbe
Des rhizomes ayant échappé au brûlis
Qu’on ne peut raser d’une fronde acerbe
Qui ressassent, repoussent comme des pissenlits
Les talibans ont eu la peau de l’URSS, de Marx
Et de ses frères, Jacques en tête, mais n’ont pas eu raison
De la philosophie : l’opium est la religion du peuple
D’un peuple endolori par les remèdes de ses disciples
L’opium est l’engrais de ces terres fertiles
Abêtit, transforme les maisons en chenils
Régresser fait avancer quand on est saoul
A travers les ciments et plaines de Kaboul
La liberté des femmes aujourd’hui menacée
Bafouée, on ne peut faire le bien des autres
Sans expliquer, sans projeter, sans accompagner
Juste en rasant des terres qu’on veut faire vôtres
Comme une frange de croates croassent
sur le mariage homo qu’ils fracassent
Le pouvoir afghan ne lésine pas
Avance en bandes, encercle au compas
En bandes organisées
En bandes afghanisées
En bandes non dessinées
Bande non tétanisé
Bande face aux garçons désarçonnés
En rut sans cerveau comme des veaux
Recycle les eaux usées du caniveau
Légiférer n’est pas démocratiser
Qui ne capte pas sera décapitéE
Qui dilapide son mariage sera lapidéE
Comme des bleus
Il aura donc fallu les aimer avant qu’ils nous respectent, il aura donc fallu les kiffer pour qu’ils nous calculent. Nous aspirions leurs poussières et à autre chose, nous ne nous étions tout simplement pas adaptés au nouveau business model du foot français. Nous rêvions d’autres athlètes, nous cauchemardions à leur sujet, nous étions insoumis, avachis et tristes, nous sommes désormais avilis et gais. Nous voulions de la sueur et des fleurs, leurs maillots sentaient la rose, c’était une fleur, de leur part, ils nous épargnaient les effluves de leur transpiration pour mieux nous envoyer sur les roses. Nous nous assoupissions en les matant sur nos matelas, sans ressort, l’ennui et la révolte rivalisaient en nous. Puis la lumière fut, il restait un dernier recours : contraints et forcés, nous nous sommes engagés dans ce mariage d’irraison.
Cette qualification de l’équipe de France pour le Mondial au Brésil, on n’y croyait plus beaucoup après la déroute en Ukraine, beaucoup l’espéraient plus qu’ils n’y croyaient, beaucoup ne l’espéraient même plus, c’est dire le peu de crédit accordé à cette équipe. On ne pouvait plus les voir en peinture ces bleus-là, sauf en nature morte, on n’aurait pas misé un kopeck sur ces insolents, narquois, millionnaires autistes, ressuscités ou réincarnés de la grève de Knysna, sur ces bleus qui selon moi ont aggravé les circonstances depuis Knysna, car ils avaient depuis osé continuer de montrer des signes de « fumisme », signes qui s’ils n’étaient pas à la hauteur de leur grève, ou plutôt à sa bassesse, constituaient autant de flagrants délits de récidives.
Pourtant, on s’est exaltés mardi soir. On les a aimés inconditionnellement, pendant 90 minutes et ils nous l’ont rendu. Grâce à ça, grâce à nous, ils furent en état de grâce. Ils viennent de découvrir l’amour du maillot bleu, c’est juste inédit, pourquoi pas après tout, dans une histoire d’amour il y en a toujours un qui donne avant l’autre, et jusqu’en 2006, nous avions été plutôt habitués à recevoir, même les soirs de défaites ils avaient su se faire recevoir, sans piper mot, acceptant la vindicte populaire, l’un d’entre eux avait même été taxé de criminel pour une passe mal ajustée contre la Bulgarie et contraint de s’exiler en Angleterre, pour fuir cette taxation, contraint à un exil non fiscal, dans les pas de Didier Six qui lui avait raté un pénalty en 1982.
On s’est enthousiasmés mardi soir comme une cocotte-minute évacuait son trop plein de pression alors il ne faut pas oublier les raisons de la montée en pression, comme le ressassaient ces consultants sportifs vendeurs de désespoir, qui faisaient jusqu’ici leur beurre et leur argent en soufflant sur les braises, en rivalisant de justifications destructrices, d’explications démolisseuses et fatalistes comme s’ils se réjouissaient des contreperformances des bleus, ces consultants qui pour une fois se sont fourvoyés mardi soir, éloquents d’impuissance, amputés de leur « sultan-ce » pour l’occasion, discrédités, ravalés au rang de rabat-joie. La « rouetourne a tourné » comme l’avait délicieusement prédit Ribery avant le match.
On s’est retrouvés mardi soir pendant et après le match, même si on était encore beaucoup à regarder nos pompes quand Benzema résuma de son accent si caractéristique, celui qui accentue le manque d’éducation grammaticale, cet accent tue : « Voilà, on avait dit qu’on ferait un gros match, voilà, on l’a fait, voilà. », Benzema comme tant d’autres transformant voilà en conjonction de coordination omniprésente et omnisciente, voilà tout terrain, VTT, mais où est donc Ornicar ? Voilà !
Mardi, on était comme des fans de Johnny à la fin d’un concert, en extase, comme revigorés, mais toujours un peu honteux dès qu’il s’exprime.
Ces joueurs viennent donc de découvrir l’amour du maillot. On attend désormais qu’ils l’honorent, qu’ils nous honorent à chacune de leur sortie, qu’ils apprennent à nous couvrir de fleurs, à amadouer nos exigences, à faire en sorte qu’on ne doute plus de leur fidélité, à améliorer leurs discours d’après match comme autant de flatteries à leur promise, à leurs promis, sans compromis, en mettant de côté cet accent « zyva-esque » et leurs envolées dysorthographiées. Après tout, ils ont tous su apprendre une langue étrangère en peu de temps, il y a même fort à parier sur betclic que Ribery, Benzema et Evra s’expriment respectivement mieux en allemand, espagnol et anglais qu’en français, alors pourquoi n’apprendraient-ils pas le français ? On retrouverait alors un semblant de dignité, avec ou sans Digne, s’ils se hissaient au niveau intellectuel des Thuram, Blanc, Desailly, Deschamps, LLoris, Cabaye, Gourcuff et consort, et qu’on sorte les intrus. Voilà.
L’équipe de France est une vitrine, qu’on n’est pas tous obligés de lécher, beaucoup exècrent le shopping, mais ceux qui le pratiquent (le shopping) aiment que les vitrines soient à l’image de ce qu’elles renferment, qu’elles ne soient pas juste des miroirs aux alouettes ou sans tain offrant la vue sur des footeux dorés, boudeurs, agressifs, ingrats, à la fierté déplacée, à qui tout est dû, qui prennent leur pied pas comme on le souhaiterait. Ces joueurs sont très cher payés pour leur exposition médiatique, ils doivent en accepter les contreparties et critiques, ils doivent travailler leur image.
Il aura aussi fallu un remaniement de taille et le souffle du danger.
Le sélectionneur de l’équipe de France est un homme politique. Ses échéances sont courtes, il a un mandat de deux ans. On veut qu’il prépare au mieux l’euro 2016 en France, ses échéances européennes, avec des jeunes dont on serait fiers, mais on lui impose d’aller au Brésil en 2014, ses municipale à lui, et les jeunes n’étaient pas prêts, il a donc du racler les fonds de tiroirs, rappeler les fantômes de Knysna, dans une synthèse incompréhensible et au final ce retournement de situation aussi surprenant que spectaculaire, son inversion de la courbe du chômage à lui.
Le sélectionneur de l’équipe de France est un homme politique, le Président de la république est-il un sélectionneur ?
Il a déjà instauré une charte pour les sélectionnés du gouvernement, a su virer Cahuzac sur critères déontologiques, trop tardivement certes, mais un Cahuzac dont les compétences pour le poste étaient pourtant louées par tous ; toujours sur critères déontologiques il a écarté DSK de sa sélection, DSK qui pourtant serait lauréat du ballon d’or économique mondial si cette distinction existait.
Il ne manque plus au sélectionneur que la charte qui redorerait le blason de l’équipe de France. Une charte qui ne tolérerait aucun dérapage, aucune insulte, aucun manque de respect, aucune menace, aucune forme de chantage, aucune déclaration tapageuse ou diffamatoire, aucun coup de boule ou de poings. Une charte qui dédramatiserait la défaite, qui reconnaîtrait la supériorité de son vainqueur du jour ; l’élégance fait partie du sport. Une charte qui remettrait l’éducation au centre, il y a tant d’enfants qui se passionnent pour le football. Une charte qui décréterait : à partir d’aujourd’hui, c’est tolérance zéro.
Il ne manque plus au Président de la république que le remaniement.
Cette qualification de l’équipe de France pour le Mondial au Brésil, on n’y croyait plus beaucoup après la déroute en Ukraine, beaucoup l’espéraient plus qu’ils n’y croyaient, beaucoup ne l’espéraient même plus, c’est dire le peu de crédit accordé à cette équipe. On ne pouvait plus les voir en peinture ces bleus-là, sauf en nature morte, on n’aurait pas misé un kopeck sur ces insolents, narquois, millionnaires autistes, ressuscités ou réincarnés de la grève de Knysna, sur ces bleus qui selon moi ont aggravé les circonstances depuis Knysna, car ils avaient depuis osé continuer de montrer des signes de « fumisme », signes qui s’ils n’étaient pas à la hauteur de leur grève, ou plutôt à sa bassesse, constituaient autant de flagrants délits de récidives.
Pourtant, on s’est exaltés mardi soir. On les a aimés inconditionnellement, pendant 90 minutes et ils nous l’ont rendu. Grâce à ça, grâce à nous, ils furent en état de grâce. Ils viennent de découvrir l’amour du maillot bleu, c’est juste inédit, pourquoi pas après tout, dans une histoire d’amour il y en a toujours un qui donne avant l’autre, et jusqu’en 2006, nous avions été plutôt habitués à recevoir, même les soirs de défaites ils avaient su se faire recevoir, sans piper mot, acceptant la vindicte populaire, l’un d’entre eux avait même été taxé de criminel pour une passe mal ajustée contre la Bulgarie et contraint de s’exiler en Angleterre, pour fuir cette taxation, contraint à un exil non fiscal, dans les pas de Didier Six qui lui avait raté un pénalty en 1982.
On s’est enthousiasmés mardi soir comme une cocotte-minute évacuait son trop plein de pression alors il ne faut pas oublier les raisons de la montée en pression, comme le ressassaient ces consultants sportifs vendeurs de désespoir, qui faisaient jusqu’ici leur beurre et leur argent en soufflant sur les braises, en rivalisant de justifications destructrices, d’explications démolisseuses et fatalistes comme s’ils se réjouissaient des contreperformances des bleus, ces consultants qui pour une fois se sont fourvoyés mardi soir, éloquents d’impuissance, amputés de leur « sultan-ce » pour l’occasion, discrédités, ravalés au rang de rabat-joie. La « rouetourne a tourné » comme l’avait délicieusement prédit Ribery avant le match.
On s’est retrouvés mardi soir pendant et après le match, même si on était encore beaucoup à regarder nos pompes quand Benzema résuma de son accent si caractéristique, celui qui accentue le manque d’éducation grammaticale, cet accent tue : « Voilà, on avait dit qu’on ferait un gros match, voilà, on l’a fait, voilà. », Benzema comme tant d’autres transformant voilà en conjonction de coordination omniprésente et omnisciente, voilà tout terrain, VTT, mais où est donc Ornicar ? Voilà !
Mardi, on était comme des fans de Johnny à la fin d’un concert, en extase, comme revigorés, mais toujours un peu honteux dès qu’il s’exprime.
Ces joueurs viennent donc de découvrir l’amour du maillot. On attend désormais qu’ils l’honorent, qu’ils nous honorent à chacune de leur sortie, qu’ils apprennent à nous couvrir de fleurs, à amadouer nos exigences, à faire en sorte qu’on ne doute plus de leur fidélité, à améliorer leurs discours d’après match comme autant de flatteries à leur promise, à leurs promis, sans compromis, en mettant de côté cet accent « zyva-esque » et leurs envolées dysorthographiées. Après tout, ils ont tous su apprendre une langue étrangère en peu de temps, il y a même fort à parier sur betclic que Ribery, Benzema et Evra s’expriment respectivement mieux en allemand, espagnol et anglais qu’en français, alors pourquoi n’apprendraient-ils pas le français ? On retrouverait alors un semblant de dignité, avec ou sans Digne, s’ils se hissaient au niveau intellectuel des Thuram, Blanc, Desailly, Deschamps, LLoris, Cabaye, Gourcuff et consort, et qu’on sorte les intrus. Voilà.
L’équipe de France est une vitrine, qu’on n’est pas tous obligés de lécher, beaucoup exècrent le shopping, mais ceux qui le pratiquent (le shopping) aiment que les vitrines soient à l’image de ce qu’elles renferment, qu’elles ne soient pas juste des miroirs aux alouettes ou sans tain offrant la vue sur des footeux dorés, boudeurs, agressifs, ingrats, à la fierté déplacée, à qui tout est dû, qui prennent leur pied pas comme on le souhaiterait. Ces joueurs sont très cher payés pour leur exposition médiatique, ils doivent en accepter les contreparties et critiques, ils doivent travailler leur image.
Il aura aussi fallu un remaniement de taille et le souffle du danger.
Le sélectionneur de l’équipe de France est un homme politique. Ses échéances sont courtes, il a un mandat de deux ans. On veut qu’il prépare au mieux l’euro 2016 en France, ses échéances européennes, avec des jeunes dont on serait fiers, mais on lui impose d’aller au Brésil en 2014, ses municipale à lui, et les jeunes n’étaient pas prêts, il a donc du racler les fonds de tiroirs, rappeler les fantômes de Knysna, dans une synthèse incompréhensible et au final ce retournement de situation aussi surprenant que spectaculaire, son inversion de la courbe du chômage à lui.
Le sélectionneur de l’équipe de France est un homme politique, le Président de la république est-il un sélectionneur ?
Il a déjà instauré une charte pour les sélectionnés du gouvernement, a su virer Cahuzac sur critères déontologiques, trop tardivement certes, mais un Cahuzac dont les compétences pour le poste étaient pourtant louées par tous ; toujours sur critères déontologiques il a écarté DSK de sa sélection, DSK qui pourtant serait lauréat du ballon d’or économique mondial si cette distinction existait.
Il ne manque plus au sélectionneur que la charte qui redorerait le blason de l’équipe de France. Une charte qui ne tolérerait aucun dérapage, aucune insulte, aucun manque de respect, aucune menace, aucune forme de chantage, aucune déclaration tapageuse ou diffamatoire, aucun coup de boule ou de poings. Une charte qui dédramatiserait la défaite, qui reconnaîtrait la supériorité de son vainqueur du jour ; l’élégance fait partie du sport. Une charte qui remettrait l’éducation au centre, il y a tant d’enfants qui se passionnent pour le football. Une charte qui décréterait : à partir d’aujourd’hui, c’est tolérance zéro.
Il ne manque plus au Président de la république que le remaniement.
Tu ne hueras point
Que dire de ces écervelés qui sifflent un Président un jour de fête nationale ? Rien, sinon qu’ils étalent aux yeux de tous leurs incohérences. Ces siffleurs de l’extrême mais manquant de droiture placent la France sur le piédestal mondial mais sabordent une fête nationale, sans gêne, sans gènes à transmettre espérons-le, font du protectionnisme français leur thème de prédilection mais insultent la France pendant le défilé des forces militaires, ces forces qui constituent les derniers remparts d’un état protectionniste. Ces hurluberlus, huent, hurlent, ont la berlue, atomiser un armistice c’est déclarer la guerre idéologique. Une guerre pour rebeloter les rôles, quand on n’est rien dans une société où la faillite personnelle est autorisée on a intérêt à jouer à quitte ou double, comme ces miliciens qui connurent leur heure de gloire et son éphéméride, vilipendèrent l’intérêt collectif pour sortir du trou, du trou qu’ils avaient creusé eux-mêmes, plongés dans le noir de leur inculture. Une guerre pour faire tourner la roue, pour que la roue s’arrête à bonne destination, comme aimantée par le métal, là où ces andouilles l’attendent pour croiser leurs fers et nous préparer des lendemains de fêtes difficiles, là où le nouvel an douille.
Ces cornichons exhibent leur inculture ou leur amnésie, « Que choisir » n’aide pas toujours, oublient ou ne savent pas une chose : le parti qu’ils supportent, qu’on s’efforce d’ailleurs tous de supporter, chacun ses valeurs, les aurait flingués s’ils s’étaient comportés de la sorte face à lui, face à elle, il suffit de regarder l’Histoire, l’extrémisme ne peut régner sans dézinguer ses opposants. Ces profiteurs usent de la liberté de parole qui leur est accordée pour propulser un parti qui nous bâillonnera.
Ces corniauds jouent les drôles, nous font regretter Bourvil et Funès, funestes, lisent Minute et ses jeux de mots à deux balles, réchauffés, ressassés, éculés, Minute qui fait du racisme fruitier en préférant voir Taubira avoir la banane que la pêche, Minute dont la prochaine Une sera un truc du style « Même Robert Hue », Minute grâce à qui « 20 minutes » passe pour de l’information et de la culture de haut vol, d’un niveau intellectuel au moins 20 fois supérieur, à des années-lumière de la Minute de monsieur Cyclopède.
A préférer le Hollande Bashing à Bashung, chacun ses valeurs là encore, on attise la haine. A ceux qui chargent systématiquement et sans discernement Hollande, qui s’amusent de son embonpoint en s’étonnant qu’il n’ait rien dans le ventre, on pourrait rétorquer qu’Hollande a bon dos, plutôt. « Tu ne hueras point » pourrait marquer son mandat d’un onzième commandement, mais on ne lui reprochera pas sur ce point son manque de commandement. Tous les torts lui sont attribués, mais essuyer toutes les critiques c’est déjà tolérer qu’elles puissent s’exprimer, c’est la preuve irréfutable qu’il ne les a pas muselées. A trop focaliser sur sa personne, Hollande s’en trouvera renforcé.
Heureux qui peut exprimer sa peine.
Inculte qui fantasme sur l’extrémisme pour la soulager, l‘extrémisme au pouvoir ne lui laisserait plus le loisir de l’exprimer.
Il arrive toujours un moment où une personne ne peut pas descendre plus bas et, à ce moment-là, toutes les attaques contre lui résonnent comme des stimulations qui provoquent le rebond, impulsent, à trop solliciter les défenses les anticorps compassionnels finissent par prendre le dessus, rayonnent comme des batteries qu’on aurait couplées à un paratonnerre.
Les fans de Cantat dont le nouvel album sort le 18 Novembre se préparent aux huées aussi. Avec le temps, repris magistralement de Ferré, on réalisera qu’il a apporté à la chanson et à la langue française bien plus que la très grande majorité d’entre nous, malgré tout, malgré la violence dont il a été coupable, malgré l’homicide pour lequel il a été jugé, pour lequel ses détracteurs les plus virulents rejoignent ces siffleurs quand ils le condamnent à disparaître, quand ils fantasment sur le rétablissement de l’échafaud promis par leur favorite, échauffourées offertes en attendant, ces échos fourrés de clichés simplistes et binaires. Pourtant on peut avoir fauté et asséner des vérités par ailleurs, en attendant d'éradiquer le manichéisme on peut s'en servir, en marginalisant ceux qui s’en revendiquent, en considérant qu’ils sont du mauvais côté.
Ces cornichons exhibent leur inculture ou leur amnésie, « Que choisir » n’aide pas toujours, oublient ou ne savent pas une chose : le parti qu’ils supportent, qu’on s’efforce d’ailleurs tous de supporter, chacun ses valeurs, les aurait flingués s’ils s’étaient comportés de la sorte face à lui, face à elle, il suffit de regarder l’Histoire, l’extrémisme ne peut régner sans dézinguer ses opposants. Ces profiteurs usent de la liberté de parole qui leur est accordée pour propulser un parti qui nous bâillonnera.
Ces corniauds jouent les drôles, nous font regretter Bourvil et Funès, funestes, lisent Minute et ses jeux de mots à deux balles, réchauffés, ressassés, éculés, Minute qui fait du racisme fruitier en préférant voir Taubira avoir la banane que la pêche, Minute dont la prochaine Une sera un truc du style « Même Robert Hue », Minute grâce à qui « 20 minutes » passe pour de l’information et de la culture de haut vol, d’un niveau intellectuel au moins 20 fois supérieur, à des années-lumière de la Minute de monsieur Cyclopède.
A préférer le Hollande Bashing à Bashung, chacun ses valeurs là encore, on attise la haine. A ceux qui chargent systématiquement et sans discernement Hollande, qui s’amusent de son embonpoint en s’étonnant qu’il n’ait rien dans le ventre, on pourrait rétorquer qu’Hollande a bon dos, plutôt. « Tu ne hueras point » pourrait marquer son mandat d’un onzième commandement, mais on ne lui reprochera pas sur ce point son manque de commandement. Tous les torts lui sont attribués, mais essuyer toutes les critiques c’est déjà tolérer qu’elles puissent s’exprimer, c’est la preuve irréfutable qu’il ne les a pas muselées. A trop focaliser sur sa personne, Hollande s’en trouvera renforcé.
Heureux qui peut exprimer sa peine.
Inculte qui fantasme sur l’extrémisme pour la soulager, l‘extrémisme au pouvoir ne lui laisserait plus le loisir de l’exprimer.
Il arrive toujours un moment où une personne ne peut pas descendre plus bas et, à ce moment-là, toutes les attaques contre lui résonnent comme des stimulations qui provoquent le rebond, impulsent, à trop solliciter les défenses les anticorps compassionnels finissent par prendre le dessus, rayonnent comme des batteries qu’on aurait couplées à un paratonnerre.
Les fans de Cantat dont le nouvel album sort le 18 Novembre se préparent aux huées aussi. Avec le temps, repris magistralement de Ferré, on réalisera qu’il a apporté à la chanson et à la langue française bien plus que la très grande majorité d’entre nous, malgré tout, malgré la violence dont il a été coupable, malgré l’homicide pour lequel il a été jugé, pour lequel ses détracteurs les plus virulents rejoignent ces siffleurs quand ils le condamnent à disparaître, quand ils fantasment sur le rétablissement de l’échafaud promis par leur favorite, échauffourées offertes en attendant, ces échos fourrés de clichés simplistes et binaires. Pourtant on peut avoir fauté et asséner des vérités par ailleurs, en attendant d'éradiquer le manichéisme on peut s'en servir, en marginalisant ceux qui s’en revendiquent, en considérant qu’ils sont du mauvais côté.
Le Goncourt-il à sa perte ?
Trois pré-sélections puis une désignation au final, en finale, à la majorité d’initiés, ne peuvent couronner un navet, auréoler un riz au lait, un flamby, c’est incontestable, on pourrait affubler les cracheurs dans cette soupe non populaire d’ingrats, taxer les cracheurs de feu de vaniteux TTC, réduire les cracheurs de sang au rang de coléoptères, de bêcheurs. Le Goncourt crache au bassinet en glorifiant un auteur, consacre une œuvre qui est forcément à la hauteur de l’événement, même si quelques détails interpellent.
Déjà, la notion de compétition est plutôt étrangère à l’expression artistique et la littérature n’est pas un art mineur. Les lois de l’écriture, ces règles de base à respecter, grammaticales, syntaxiques et orthographiques, n’empiètent en rien sur l’infini, sur l’infinité des thèmes et des styles, descriptif balzacien ou rugueux, foisonnement d’adverbes, virgules omniprésentes truffant le vide,,,, chants partisans ou non, poèmes, associations phonétiques, slams, textes hachés comme des steaks sans provenance, scandés, intrigues, polars, vulgarités contrôlées, dérapages incontrôlés etc…bref, est-il raisonnablement envisageable de les hiérarchiser et de les comparer alors qu’on n’ose même pas le faire pour des choux non gras et des carottes non cuites ?
Admettons, soit, il serait possible de comparer une saga contemporaine à l’encre de Chine, un récit de guerre à l’encre de sang des soldats, Marlene, le témoignage d’un marin japonais à l’encre de seiche, sans lever l’encre il serait possible de distinguer un écrit à la majorité des votants, mais la démocratie s’applique-t-elle à l’art ? Peut-on décréter qu’une œuvre est meilleure parce qu’elle a recueilli plus de suffrages ?
Admettons, soit, il serait possible de le décréter, il serait possible de s’abriter derrière ce consensus mou qu’on nommerait démocratie. Pourtant, comme ces trains qui passent sans qu’on n’ait la possibilité de les prendre, complets, remplis de zigotos aux manettes, un sujet peut en cacher un autre ; le lauréat occulte ses dauphins mais aussi tous les figurants. Jamais un éditeur « récent » n’a été qualifié en finale du Goncourt, ces mêmes éditeurs tenus de prendre tous les risques pour exister, contraints de jeter des pavés dans cette mare obscure et fermée au public pour se démarquer, forcés de naviguer à vue, de slalomer entre les balles perdues, sans arme, sans permis de chasse gardée. Le Goncourt maintient sous perfusion les librairies en assurant le monopole des éditeurs historiques, en faisant de l’élitisme démocratique, c’est peut-être cela « Goncourir ».
Au jeu des comparaisons, puisqu’on peut comparer tout et n’importe quoi, on pourrait s’amuser à rapprocher la désignation d’un Goncourt d’une élection présidentielle en France. En politique, les pré-sélections aussi sont inéquitables, il faut 500 parrainages d’élus pour pouvoir se présenter et, arme de dissuasion supplémentaire, les comptes de campagne ne sont remboursés qu’à la condition d’obtenir un score significatif, 5% des votants, résultat d’autant plus dur à atteindre que le nombre de candidats s’élève. Ensuite, par contre, c’est la démocratie, une parodie de démocratie assumée, une démocratie revendiquée par les organes du pouvoir, on peut voter librement et sans contrainte pour un des finalistes…et on s’étonne de la recrudescence des votes par élimination. Turlupinades et tarabiscotes au beurre salé dont on veut aussi l’argent et qu’on trempe dans ces tasses de thé qu’on veut nôtres, non, on ne peut pas comparer l’élection présidentielle au Goncourt, on peut le fustiger mais le Goncourt reste un gage de qualité made in France, crée des richesses, sponsorise les librairies ; la politique n’est pas le huitième art.
Un Goncourt n’est pas un spermato qui aurait fécondé, ce spermato qui est en nous, ce spermato qui n’est pas le meilleur de tous mais juste celui qui a gagné au loto, on a tous gagné au loto une fois, ce qui n’offre aucune garantie pour la suite, c’est irréfutable, un Goncourt consacre un génie, l’immense mérite du Goncourt est de rapprocher la littérature du monde de l’argent pour son lauréat, c’est plus que mérité, ce sont juste ses figurants qui ne méritent pas leur sort, eux continuent d’attendre leur chance, sans intermittence, sans théâtralisation, sans public, en jouant leur vie comme si elle n’était qu’un Goncourt, de circonstances.
Déjà, la notion de compétition est plutôt étrangère à l’expression artistique et la littérature n’est pas un art mineur. Les lois de l’écriture, ces règles de base à respecter, grammaticales, syntaxiques et orthographiques, n’empiètent en rien sur l’infini, sur l’infinité des thèmes et des styles, descriptif balzacien ou rugueux, foisonnement d’adverbes, virgules omniprésentes truffant le vide,,,, chants partisans ou non, poèmes, associations phonétiques, slams, textes hachés comme des steaks sans provenance, scandés, intrigues, polars, vulgarités contrôlées, dérapages incontrôlés etc…bref, est-il raisonnablement envisageable de les hiérarchiser et de les comparer alors qu’on n’ose même pas le faire pour des choux non gras et des carottes non cuites ?
Admettons, soit, il serait possible de comparer une saga contemporaine à l’encre de Chine, un récit de guerre à l’encre de sang des soldats, Marlene, le témoignage d’un marin japonais à l’encre de seiche, sans lever l’encre il serait possible de distinguer un écrit à la majorité des votants, mais la démocratie s’applique-t-elle à l’art ? Peut-on décréter qu’une œuvre est meilleure parce qu’elle a recueilli plus de suffrages ?
Admettons, soit, il serait possible de le décréter, il serait possible de s’abriter derrière ce consensus mou qu’on nommerait démocratie. Pourtant, comme ces trains qui passent sans qu’on n’ait la possibilité de les prendre, complets, remplis de zigotos aux manettes, un sujet peut en cacher un autre ; le lauréat occulte ses dauphins mais aussi tous les figurants. Jamais un éditeur « récent » n’a été qualifié en finale du Goncourt, ces mêmes éditeurs tenus de prendre tous les risques pour exister, contraints de jeter des pavés dans cette mare obscure et fermée au public pour se démarquer, forcés de naviguer à vue, de slalomer entre les balles perdues, sans arme, sans permis de chasse gardée. Le Goncourt maintient sous perfusion les librairies en assurant le monopole des éditeurs historiques, en faisant de l’élitisme démocratique, c’est peut-être cela « Goncourir ».
Au jeu des comparaisons, puisqu’on peut comparer tout et n’importe quoi, on pourrait s’amuser à rapprocher la désignation d’un Goncourt d’une élection présidentielle en France. En politique, les pré-sélections aussi sont inéquitables, il faut 500 parrainages d’élus pour pouvoir se présenter et, arme de dissuasion supplémentaire, les comptes de campagne ne sont remboursés qu’à la condition d’obtenir un score significatif, 5% des votants, résultat d’autant plus dur à atteindre que le nombre de candidats s’élève. Ensuite, par contre, c’est la démocratie, une parodie de démocratie assumée, une démocratie revendiquée par les organes du pouvoir, on peut voter librement et sans contrainte pour un des finalistes…et on s’étonne de la recrudescence des votes par élimination. Turlupinades et tarabiscotes au beurre salé dont on veut aussi l’argent et qu’on trempe dans ces tasses de thé qu’on veut nôtres, non, on ne peut pas comparer l’élection présidentielle au Goncourt, on peut le fustiger mais le Goncourt reste un gage de qualité made in France, crée des richesses, sponsorise les librairies ; la politique n’est pas le huitième art.
Un Goncourt n’est pas un spermato qui aurait fécondé, ce spermato qui est en nous, ce spermato qui n’est pas le meilleur de tous mais juste celui qui a gagné au loto, on a tous gagné au loto une fois, ce qui n’offre aucune garantie pour la suite, c’est irréfutable, un Goncourt consacre un génie, l’immense mérite du Goncourt est de rapprocher la littérature du monde de l’argent pour son lauréat, c’est plus que mérité, ce sont juste ses figurants qui ne méritent pas leur sort, eux continuent d’attendre leur chance, sans intermittence, sans théâtralisation, sans public, en jouant leur vie comme si elle n’était qu’un Goncourt, de circonstances.
On a assez zoné
L’été est la saison des fondations, on étaye, on compense ces poutres bétonnées plus solides que cette ferraille quIPN et finit toujours par fléchir, le temps qu’elles sèchent au-dessus du vide, au-dessus de ces trous béants, au-dessus de ces impasses supplémentaires qu’on doit faire pour se donner plus de chances, pense-t-on en évoquant son nouveau destin, ce nouveau virage, cette nouvelle voie à tracer, son nouveau départ, nouveau répété comme on met en scène et en exergue le renouveau, ces nouvelles voies qui tout en rapprochant de quelque chose éloignent des possibilités originelles infinies offertes à tout nouveau-né, promises aux crédules, garanties aux croyants, des voies tracées pour certains, des voies lactées pour tous, des voies à sens unique, des voies de garage, des voies sans issue, dévoyées, on avance dans la vie comme un compte bancaire au capital initial variable, un compte pour lequel la seule transaction possible serait le débit, parfois différé, un compte qui n’aurait d’autre vocation que de finir débiteur, le plus tard possible, un compte au solde qui s’amenuiserait, irrémédiablement, à chacune de nos irruptions, à chacun de nos retraits, à chacune de nos retraites, à chacune de nos dépréciations.
L’été on ambitionne, on se challenge, on éprouve sa motivation, on lance ses nouvelles résolutions à la cantonade, a capella, emplis de légèreté mais aussi pour voir comment ça réagit, pour mesurer la force de sa nouvelle lubie, son quotient de résistance. Ce nouveau cap qu’on lorgne sera trop facile, si on l’atteint, ou inatteignable et légitimera l’échec, la dérobade, le manque de conditions réunies, on peut ainsi passer sa vie à ne jamais rien réaliser qui rende fier, qui auto-satisfasse, sans que cela soit ostensible pour les autres, comme un perchiste qui échouerait en s’obstinant à battre le record du monde sans oser mettre la barre plus bas, de peur de sombrer dans la facilité, ce qui est pris n’étant plus à prendre. Savoir mettre la barre plus bas, c’est pourtant ne pas rentrer bredouille, ne pas être le subalterne du lambda du coin fier d’exhiber son petit truc à deux balles, c’est avoir quelque chose à raconter, même un tout petit machin, on ne peut pas être un presqu’au-boutiste accompli, faillir c’est faillir. Savoir mettre la barre très haut, s’inventer de nouveaux caps, de bonnes espérances, permet de proches en proches à l’humanité de progresser, éloigne de ces jungles hostiles de facilité et nauséabondes d’autosatisfaction qui nous rappellent par l’odeur, alléchés que nous sommes, que le présent et le passé ne suffisent pas, seul le futur se suffit. Savoir mettre la barre très haut, c’est aussi s’entraîner à s’envoyer en l’air, rechercher la légèreté, ne jamais renoncer, regarder Droit dans le soleil.
L’été, on étaye sa motivation, celle qui va irrémédiablement s’émousser, à l’approche des échéances et des esquives, on motive ses étais, on affute les sempiternels arguments, on s’assure qu’on a fait le plein pour passer l’hiver et tenir toute l’année. Toute l’année car tout est calibré sur cet espace-temps, une année, confinant ceux qui voient plus loin au statut de doux rêveur ou de Nostradamus de service. On est formatés pour enquiller les années. De l’école, passages de classe ou redoublements, à la vie active, objectifs annuels, congés, en passant par le chômage où les allocations s’arrêtent au bout d’un an, impôts, taxes, assurances, bonus, malus, peines de prison, tout est à l’échelle d’une année, à l’échelle des quatre saisons et d’un côté ça a du bon, puisque ça permet de ranger aux oubliettes les mauvaises années et de repartir sur de nouvelles bases, comme on perdrait un set au tennis qu’on aurait fini par balancer, tout en conservant son destin en mains, en attendant des jours meilleurs.
Quand vient l’hiver on se bat, on bat en retraite, on baliverne, on élit Vercingetorix héros absolu, on relit Verne, on polit verres et matériaux du même tonneau qu’on vide jusqu’à plus soif. L’hiver on se replie, on peut aussi changer de cap, débroussailler de nouvelles voies, mais un accueil glacial leur est souvent réservé, le ciment sèche moins vite. Changer de cap en cours d’année c’est déjà un échec, c’est l’inaboutissement, c’est s’être trompé et ne pas savoir le reconnaître ou c’est ne pas être persévérant. L’hiver, les seules fondations possibles sont celles de familles. L’hiver on s’accroche comme à des bouées aux motivations de l’été, on ne doit pas les faire mourir, quitte à raviver superficiellement une flamme timide, on a des idées noires à la lumière qu’il fait dehors, on s’empiffre, on consomme de l’éléc, on allume tout, la télé crache la nourriture à ces yeux affamés, l’actualité n’inspire plus personne, n’inspire plus rien de bon.
Entre l’hiver et l’été, le min et le max, le ying et le yang, deux saisons qui ne servent à rien d’autre qu’à faire transition dans un monde bipolaire, binaire, un SAS pour éviter les chocs thermiques, ces feuilles qui tombent comme elles dépoileraient un crâne en cours de « chauvinisme », on guette la mise entre parenthèses, cette lumière qui s’éteint peu à peu, anxiogène, car on connaît l’issue, l’hiver à venir, lis Verlaine et tricot au menu, les soupes aux grimaces, les potages dans lesquels on se fond. Le froid de l’automne nous bouleverse car la perspective est inéluctable, sonne comme une condamnation, même l’eau tonne, il fallait se méfier de celle qui dormait, alors qu’on sourit d’une fraîcheur printanière car on sait qu’on va lui tordre le cou incessamment sous peu, on approche de la ligne d’arrivée, celle où on pourra mesurer le chemin parcouru et bâtir à nouveau, l’été, étayer, à la vue de ces cotes bétonnées qui y incitent, qui inspirent malgré tout.
Au fond, on veut du rythme, mais on réclame du frais l’été et on implore Hélios l’hiver, on aime les saisons mais on aspire à assaisonner leurs amplitudes, à atténuer les écarts-types ; on veut faire bouger les lignes, rompre avec les habitudes et le quotidien mais on souhaite que tous les jours ressemblent à nos jours meilleurs. On n’accepte pas la cyclicité des choses, sauf celle des années. On veut du verbe et de l’envolée lyrique, mais les tribuns nous affolent. On veut s’enflammer en toute sécurité. On veut rêver éveillés. On veut prendre des risques sans risquer de tout perdre.
Nos quatre saisons, on ne peut plus les voir en peinture, on ne veut plus en entendre parler, plus personne ne connaît Vivaldi, tout le monde connaît Vivendi et la Terre, nos quatre saisons on ne les veut plus qu’en pizzas, pour les cinq légumes journaliers à ingurgiter, sans assaisonnement pourtant.
On veut plus d’écologie, on s’en remet aux caprices de la nature tant qu’elle ne nous est pas défavorable, on s’en remet aux saisons qu’on cherche à dompter, on a assaisonné.
On traverse un hiver qui n’en finit plus, sans Horizons on a redouté l’oraison, mais on a assez zoné et on la sent, elle vient, elle point, la floraison.
L’été on ambitionne, on se challenge, on éprouve sa motivation, on lance ses nouvelles résolutions à la cantonade, a capella, emplis de légèreté mais aussi pour voir comment ça réagit, pour mesurer la force de sa nouvelle lubie, son quotient de résistance. Ce nouveau cap qu’on lorgne sera trop facile, si on l’atteint, ou inatteignable et légitimera l’échec, la dérobade, le manque de conditions réunies, on peut ainsi passer sa vie à ne jamais rien réaliser qui rende fier, qui auto-satisfasse, sans que cela soit ostensible pour les autres, comme un perchiste qui échouerait en s’obstinant à battre le record du monde sans oser mettre la barre plus bas, de peur de sombrer dans la facilité, ce qui est pris n’étant plus à prendre. Savoir mettre la barre plus bas, c’est pourtant ne pas rentrer bredouille, ne pas être le subalterne du lambda du coin fier d’exhiber son petit truc à deux balles, c’est avoir quelque chose à raconter, même un tout petit machin, on ne peut pas être un presqu’au-boutiste accompli, faillir c’est faillir. Savoir mettre la barre très haut, s’inventer de nouveaux caps, de bonnes espérances, permet de proches en proches à l’humanité de progresser, éloigne de ces jungles hostiles de facilité et nauséabondes d’autosatisfaction qui nous rappellent par l’odeur, alléchés que nous sommes, que le présent et le passé ne suffisent pas, seul le futur se suffit. Savoir mettre la barre très haut, c’est aussi s’entraîner à s’envoyer en l’air, rechercher la légèreté, ne jamais renoncer, regarder Droit dans le soleil.
L’été, on étaye sa motivation, celle qui va irrémédiablement s’émousser, à l’approche des échéances et des esquives, on motive ses étais, on affute les sempiternels arguments, on s’assure qu’on a fait le plein pour passer l’hiver et tenir toute l’année. Toute l’année car tout est calibré sur cet espace-temps, une année, confinant ceux qui voient plus loin au statut de doux rêveur ou de Nostradamus de service. On est formatés pour enquiller les années. De l’école, passages de classe ou redoublements, à la vie active, objectifs annuels, congés, en passant par le chômage où les allocations s’arrêtent au bout d’un an, impôts, taxes, assurances, bonus, malus, peines de prison, tout est à l’échelle d’une année, à l’échelle des quatre saisons et d’un côté ça a du bon, puisque ça permet de ranger aux oubliettes les mauvaises années et de repartir sur de nouvelles bases, comme on perdrait un set au tennis qu’on aurait fini par balancer, tout en conservant son destin en mains, en attendant des jours meilleurs.
Quand vient l’hiver on se bat, on bat en retraite, on baliverne, on élit Vercingetorix héros absolu, on relit Verne, on polit verres et matériaux du même tonneau qu’on vide jusqu’à plus soif. L’hiver on se replie, on peut aussi changer de cap, débroussailler de nouvelles voies, mais un accueil glacial leur est souvent réservé, le ciment sèche moins vite. Changer de cap en cours d’année c’est déjà un échec, c’est l’inaboutissement, c’est s’être trompé et ne pas savoir le reconnaître ou c’est ne pas être persévérant. L’hiver, les seules fondations possibles sont celles de familles. L’hiver on s’accroche comme à des bouées aux motivations de l’été, on ne doit pas les faire mourir, quitte à raviver superficiellement une flamme timide, on a des idées noires à la lumière qu’il fait dehors, on s’empiffre, on consomme de l’éléc, on allume tout, la télé crache la nourriture à ces yeux affamés, l’actualité n’inspire plus personne, n’inspire plus rien de bon.
Entre l’hiver et l’été, le min et le max, le ying et le yang, deux saisons qui ne servent à rien d’autre qu’à faire transition dans un monde bipolaire, binaire, un SAS pour éviter les chocs thermiques, ces feuilles qui tombent comme elles dépoileraient un crâne en cours de « chauvinisme », on guette la mise entre parenthèses, cette lumière qui s’éteint peu à peu, anxiogène, car on connaît l’issue, l’hiver à venir, lis Verlaine et tricot au menu, les soupes aux grimaces, les potages dans lesquels on se fond. Le froid de l’automne nous bouleverse car la perspective est inéluctable, sonne comme une condamnation, même l’eau tonne, il fallait se méfier de celle qui dormait, alors qu’on sourit d’une fraîcheur printanière car on sait qu’on va lui tordre le cou incessamment sous peu, on approche de la ligne d’arrivée, celle où on pourra mesurer le chemin parcouru et bâtir à nouveau, l’été, étayer, à la vue de ces cotes bétonnées qui y incitent, qui inspirent malgré tout.
Au fond, on veut du rythme, mais on réclame du frais l’été et on implore Hélios l’hiver, on aime les saisons mais on aspire à assaisonner leurs amplitudes, à atténuer les écarts-types ; on veut faire bouger les lignes, rompre avec les habitudes et le quotidien mais on souhaite que tous les jours ressemblent à nos jours meilleurs. On n’accepte pas la cyclicité des choses, sauf celle des années. On veut du verbe et de l’envolée lyrique, mais les tribuns nous affolent. On veut s’enflammer en toute sécurité. On veut rêver éveillés. On veut prendre des risques sans risquer de tout perdre.
Nos quatre saisons, on ne peut plus les voir en peinture, on ne veut plus en entendre parler, plus personne ne connaît Vivaldi, tout le monde connaît Vivendi et la Terre, nos quatre saisons on ne les veut plus qu’en pizzas, pour les cinq légumes journaliers à ingurgiter, sans assaisonnement pourtant.
On veut plus d’écologie, on s’en remet aux caprices de la nature tant qu’elle ne nous est pas défavorable, on s’en remet aux saisons qu’on cherche à dompter, on a assaisonné.
On traverse un hiver qui n’en finit plus, sans Horizons on a redouté l’oraison, mais on a assez zoné et on la sent, elle vient, elle point, la floraison.
Dernier rappel avant mise en demeure : Ci-joint le premier tiers de l’Appel des 18 joints.
Veuillez trouver six joints :
1) Le joint d’étanchéité. Idéal pour isoler les errances des émotions. A appliquer entre deux matières, grasses grises ou autres tant qu’il y a matière à. Séchage immédiat. Et hop, vos fuites sont derrière vous. Ce joint fait barrage à toutes les eaux, claires ou croupies, pluie, pleur, bouquet de nerfs, il agit en profondeur, la moindre goutte d’eau s’emplafonne dessus, rampe, glisse jusqu’à son évaporation, jusqu’à son absorption par des forces supérieures agonisantes « agnostisantes ». Car c’est bien d’une goutte d’eau dans un océan de dettes dont il s’agit quand on évoque Leonarda, comme si on se préoccupait davantage d’évacuer l’océan à coups de bassines qu’à colmater la brèche à sa source, comme si on préférait la démonstration par l’exemple à l’efficacité, comme si blasés on s’efforçait de redorer un blason taxé d’avoir été trop laxiste, on taxe même les blasons, comme si on bouchait la sortie d’un tunnel plutôt que son entrée. Certes, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais ce n’est pas vraiment le sujet, on cite Rocard pour déculpabiliser, on se dédouane en fantasmant sur le retour de la douane, on joue aux durs avec le consentement des tout mous, on occulte le fond au prétexte que le PS est aux manettes, rassurés par l’image hypersociale du parti, apaisés, endormis par ce père tranquille héros d’un autre temps, perdus dans des jungles anachroniques, persuadés qu’aucun cataclysme antisocial ne point au final sous son mandat, point final, convaincus que nous n’encourons « que » la faillite économique, perclus de certitudes rabâchées parmi lesquelles l’antinomie des adjectifs social et économique. Et pendant ce temps-là, on nous divertit, on fait diversion, à l’aide de faits divers et variés, à l’aide.
On fait diversion, la question n’est pas d’accueillir ou pas de nouvelles familles, il est question de les expulser après avoir été permissifs. Cette nuance reste imperceptible à l’œil nu, à l’œil torve, deux poids une mesure.
On nous divertit. A cran, notre président a fait preuve de cran dans un tel capharnaüm. Piégé comme un bleu par ses opposants, les bleus, qui le sommaient d’intercéder, ravis de le voir embarrassé, obsédés par ses synthèses dont il a l’esprit, fervents adeptes d’antithèses, focalisés sur leur reconquête du pouvoir, frustrés de manquer de lumière mais jouisseurs du confort de l’ombre qui leur autorise tractations et contradictions comme celle qui a vu leur représentant dignement élu tenir deux positions radicalement opposées en 48h sur la réforme du droit du sol, sans aucun scrupule, contradictions perceptibles à l’œil nu, imperceptibles à l’œil torve, un poids deux mesures.
Notre président aurait dû esquiver. Esquiver pour s’affirmer, pour affirmer que lui seul dicte le tempo de ses prises de parole. Esquiver surtout car il n’y avait pas de solution satisfaisante, il est des situations où la synthèse est indécrottable, « indécrétable », c’est le jugement de Salomon. Régulariser toute la famille de Leonarda aurait été une aubaine pour le FN, surtout depuis qu’on connaît la tortuosité du pater familias, expulser Leonarda aurait noyé tous ceux qui n’ont pas appliqué le joint d’étanchéité, choqués par la manière avec laquelle on l’a « débusquée ». Lui président piégé comme un bleu car il s’est aventuré sur ce terrain miné, condamné à la défaite, avec son libre arbitre et ceux qui sont sur la touche, il nous aurait davantage divertis s’il s’était aventuré sur un autre terrain, s’il avait révélé ses hématomes crochus avec les bleus, les autres, annonçant par exemple qu’il y a des joueurs de foot qu’on ne veut plus voir représenter la France, avec ou sans leurs parents. Quand il n’y a pas de solution, esquiver n’est pas fuir.
Alors, sans le joint d’étanchéité, on se console comme on peut en ressassant que Leonarda n’est pas kosovare mais italienne, ce qui forcément change tout car la faute est trouvée. On lui imagine un destin, on lui prête des intentions, si elle était originaire de Capri elle pourrait s’offrir la carrière hollywoodienne de son illustre homonyme masculin à la vue de ses premières improvisations et envolées lyriques. On oublie que c’est une gosse qui paie pour les erreurs de ses parents. Puis on zappe. Le joint d’étanchéité et hop, c’est bientôt Noël, le retour de Leonidas, ne boudons pas ce plaisir, un coup d’Hervé Vilard et hop, Leonarda di Capri, c’est fini.
2) Le joint-colle octroie à tous le droit de devenir le con de l’autre, joint par le lien du mariage. C’est un joint qui solidarise deux corps étrangers, sous réserve que ces corps étrangers soient made in France et qu’ils ne défient pas trop ostensiblement les lois conservatrices du magnétisme selon lesquelles les polarités identiques se repoussent. Ne convient donc pas aux bipolaires. Ne convient pas non plus aux corps de peaux lisses qui pourtant ne manquent pas de rugosité. Ne convient pas non plus aux corps de chasse qui, hostiles et bruyants, obnubilés par la chasse à la gazelle, abusent de leurs vulgaires appeaux, lichent innés, hèlent. Ne convient pas non plus quand la surface du corps proposée pour l’adhésion est trop faible, dans ce cas il faut adopter un contournement (alliages, pax Ikea, emboîtements…). Bien lire toutes les exclusions et précautions d’usage avant application. Attention à bien consulter les caractéristiques d’usure de chaque joint, comme le joint de culasse.
3) Le joint de dilatation porte bien son nom, il dilate les horaires d’ouverture des magasins de bricolage, qui d’ailleurs en vendent. La boucle est bouclée. Enfin non. C’est absolument incompréhensible. Les salariés de ces enseignes veulent travailler le dimanche, les bricoleurs veulent acheter le dimanche, les patrons de ces enseignes veulent ouvrir le dimanche, les grandes amplitudes horaires favorisent les créations d’emploi (avec pour corollaire la suppression des emplois du dimanche si une enseigne devait fermer après avoir ouvert ses portes en ce jour sacré) et promeuvent la flexisécurité qu’on nous sert à toutes les sauces, Curry, Tandoori... Et pourtant le tribunal de commerce de Bobigny interdit la commercialisation du joint de dilatation. On veut maintenir le dimanche chômé pour tous, les endimanchés chercheraient-ils à rendre tous les jours chômés en France ? On veut interdire le business en ce jour sacrosaint, les endimanchés occulteraient-ils l’enrichissement des églises ce jour-là ? La production de l’effet inverse de celui escompté traduit un impact certain, c’est toujours ça.
4) Le joint Venture associe deux entreprises afin qu’elles puissent mutualiser leurs compétences autour d’un projet commun et maigrir, dégraisser leurs structures et leurs emplois administratifs, comme deux obèses ambitionneraient de perdre du poids en partageant leurs couverts. Fusions, acquisitions, associations, scissions, actions, bonifications, congratulations, décorations, stock-options, privatisations, amputations, ambitions. Tous des pions au service de ces opérations, de leur prolifération. Jusqu’à la monopolisation du pouvoir, sa confiscation. Il n’y aura qu’un vainqueur. L’univers économique se densifie après le Big Bang qui a vu l’émergence des start-ups et PME en 2000, aussi créatives qu’éphémères, mortes de fiertés ou gobées par ces grosses fainéantes, ces limaces bienheureuses, ces vautours rassasiés, hyper prédateurs d’une chaîne alimentaire économique où on ne mange pas n’importe quoi. 5 Start-ups et PME par jour. Je bouffe donc je suis. Obèse. Toute l’économie croule sous le régime de l’Obèse. Court-termiste. Cours, termite ! Pour maigrir, le pouvoir Obèse délocalise, on touche des bonus pour ça, on met sa descendance à l’abri financièrement avec ça, on crée le chômage des générations futures avec ça, on rend l’argent et le travail antinomiques.
Je traverse le temps / Je suis une référence / Je suis omniprésent / Je deviens omniscient / J´ai envahi le monde / Que je ne connais pas / Peu importe j´en parle / Peu importe je sais / J´ai les hommes à mes pieds / Huit milliards potentiels / De crétins asservis / A part certains de mes amis / Du même monde que moi / Vous n´imaginez pas / Ce qu´ils sont gais.
5) Le « join us » ouvre d’un clic les portes d’un gigantesque réseau social, d’une famille élargie, recomposée, développe les ramifications d’une amitié virtuelle qui ne demandent qu’à se multiplier, offre à sa communauté une kyrielle de détails croustillants auxquels on s’abonne et dont l’absence nous place en état de manque anxiogène, nous addicte sa loi, loi du plus fort, loi dont on anticipe déjà les prochains projets, projets aux idées intarissables, qui ne satisfont pas notre satiété, qui ne satisfont pas notre société, loi qui pour se donner du sens se tournera un jour vers l’odorat. On pourrait imaginer le déploiement mondial de capteurs/diffuseurs olfactifs qui propageraient à son interlocuteur l’odeur que l’on respire (par le biais d’une codification de l’odeur sur 64 bits et d’une transmission via IP), ou recevoir l’air iodé d’un ami virtuel en vacances au bord de la mer. On pourrait accompagner les smileys d’arômes apaisants prédéfinis…ou au contraire balancer des insultes escortées de relents putrides. On pourrait partager son odeur de transpiration après avoir tapé « je reviens d’un footing ». Un Homme de pouvoir pourrait gazer un peuple d’armes chimiques via Internet, gazage que seules des analyses de trames IP pourraient déceler, ce qui ne changerait rien au final, car les pays ne seraient plus que des communautés d’ordinateurs aux frontières et responsabilités floutées. Houellebecq voyait juste, cette île est possible, ce n’est pas l’île de l’inCantation. Pour prendre tout son sens, il ne manquerait alors à la communication virtuelle que le toucher, pour lui permettre de toucher le fond.
6) Et enfin, celui auquel on pense tous en premier lieu. Celui dont on évoque à demi-mots la dépénalisation, dépénalisation qui dézinguerait ces petits rois de pacotille au risque de voir la pacotille s’approcher trop près de nos enfants. Je n’ai qu’une question à ce sujet. D’un côté une substance prohibée mais déjà répandue sur la place publique, nos enfants qu’on pense protéger en cultivant cet interdit comme d’autres cultivent d’autres choses, de l’autre ses revendeurs qui déambulent à bord de BMW rutilantes au train de vie faisant fantasmer la jeunesse désintégrée ; alors où doit-on positionner la ligne de démarcation ?
Si ce blog était ce joint, il vous serait proposé de le faire tourner, de clic en clic, à coups de « +1 », « J’aime », avec la garantie de n’enfumer personne sauf celles et ceux qui ne mangeraient pas de ce pain-là et qui recevraient un jour ou l’autre un deuxième tiers plus salé.
1) Le joint d’étanchéité. Idéal pour isoler les errances des émotions. A appliquer entre deux matières, grasses grises ou autres tant qu’il y a matière à. Séchage immédiat. Et hop, vos fuites sont derrière vous. Ce joint fait barrage à toutes les eaux, claires ou croupies, pluie, pleur, bouquet de nerfs, il agit en profondeur, la moindre goutte d’eau s’emplafonne dessus, rampe, glisse jusqu’à son évaporation, jusqu’à son absorption par des forces supérieures agonisantes « agnostisantes ». Car c’est bien d’une goutte d’eau dans un océan de dettes dont il s’agit quand on évoque Leonarda, comme si on se préoccupait davantage d’évacuer l’océan à coups de bassines qu’à colmater la brèche à sa source, comme si on préférait la démonstration par l’exemple à l’efficacité, comme si blasés on s’efforçait de redorer un blason taxé d’avoir été trop laxiste, on taxe même les blasons, comme si on bouchait la sortie d’un tunnel plutôt que son entrée. Certes, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais ce n’est pas vraiment le sujet, on cite Rocard pour déculpabiliser, on se dédouane en fantasmant sur le retour de la douane, on joue aux durs avec le consentement des tout mous, on occulte le fond au prétexte que le PS est aux manettes, rassurés par l’image hypersociale du parti, apaisés, endormis par ce père tranquille héros d’un autre temps, perdus dans des jungles anachroniques, persuadés qu’aucun cataclysme antisocial ne point au final sous son mandat, point final, convaincus que nous n’encourons « que » la faillite économique, perclus de certitudes rabâchées parmi lesquelles l’antinomie des adjectifs social et économique. Et pendant ce temps-là, on nous divertit, on fait diversion, à l’aide de faits divers et variés, à l’aide.
On fait diversion, la question n’est pas d’accueillir ou pas de nouvelles familles, il est question de les expulser après avoir été permissifs. Cette nuance reste imperceptible à l’œil nu, à l’œil torve, deux poids une mesure.
On nous divertit. A cran, notre président a fait preuve de cran dans un tel capharnaüm. Piégé comme un bleu par ses opposants, les bleus, qui le sommaient d’intercéder, ravis de le voir embarrassé, obsédés par ses synthèses dont il a l’esprit, fervents adeptes d’antithèses, focalisés sur leur reconquête du pouvoir, frustrés de manquer de lumière mais jouisseurs du confort de l’ombre qui leur autorise tractations et contradictions comme celle qui a vu leur représentant dignement élu tenir deux positions radicalement opposées en 48h sur la réforme du droit du sol, sans aucun scrupule, contradictions perceptibles à l’œil nu, imperceptibles à l’œil torve, un poids deux mesures.
Notre président aurait dû esquiver. Esquiver pour s’affirmer, pour affirmer que lui seul dicte le tempo de ses prises de parole. Esquiver surtout car il n’y avait pas de solution satisfaisante, il est des situations où la synthèse est indécrottable, « indécrétable », c’est le jugement de Salomon. Régulariser toute la famille de Leonarda aurait été une aubaine pour le FN, surtout depuis qu’on connaît la tortuosité du pater familias, expulser Leonarda aurait noyé tous ceux qui n’ont pas appliqué le joint d’étanchéité, choqués par la manière avec laquelle on l’a « débusquée ». Lui président piégé comme un bleu car il s’est aventuré sur ce terrain miné, condamné à la défaite, avec son libre arbitre et ceux qui sont sur la touche, il nous aurait davantage divertis s’il s’était aventuré sur un autre terrain, s’il avait révélé ses hématomes crochus avec les bleus, les autres, annonçant par exemple qu’il y a des joueurs de foot qu’on ne veut plus voir représenter la France, avec ou sans leurs parents. Quand il n’y a pas de solution, esquiver n’est pas fuir.
Alors, sans le joint d’étanchéité, on se console comme on peut en ressassant que Leonarda n’est pas kosovare mais italienne, ce qui forcément change tout car la faute est trouvée. On lui imagine un destin, on lui prête des intentions, si elle était originaire de Capri elle pourrait s’offrir la carrière hollywoodienne de son illustre homonyme masculin à la vue de ses premières improvisations et envolées lyriques. On oublie que c’est une gosse qui paie pour les erreurs de ses parents. Puis on zappe. Le joint d’étanchéité et hop, c’est bientôt Noël, le retour de Leonidas, ne boudons pas ce plaisir, un coup d’Hervé Vilard et hop, Leonarda di Capri, c’est fini.
2) Le joint-colle octroie à tous le droit de devenir le con de l’autre, joint par le lien du mariage. C’est un joint qui solidarise deux corps étrangers, sous réserve que ces corps étrangers soient made in France et qu’ils ne défient pas trop ostensiblement les lois conservatrices du magnétisme selon lesquelles les polarités identiques se repoussent. Ne convient donc pas aux bipolaires. Ne convient pas non plus aux corps de peaux lisses qui pourtant ne manquent pas de rugosité. Ne convient pas non plus aux corps de chasse qui, hostiles et bruyants, obnubilés par la chasse à la gazelle, abusent de leurs vulgaires appeaux, lichent innés, hèlent. Ne convient pas non plus quand la surface du corps proposée pour l’adhésion est trop faible, dans ce cas il faut adopter un contournement (alliages, pax Ikea, emboîtements…). Bien lire toutes les exclusions et précautions d’usage avant application. Attention à bien consulter les caractéristiques d’usure de chaque joint, comme le joint de culasse.
3) Le joint de dilatation porte bien son nom, il dilate les horaires d’ouverture des magasins de bricolage, qui d’ailleurs en vendent. La boucle est bouclée. Enfin non. C’est absolument incompréhensible. Les salariés de ces enseignes veulent travailler le dimanche, les bricoleurs veulent acheter le dimanche, les patrons de ces enseignes veulent ouvrir le dimanche, les grandes amplitudes horaires favorisent les créations d’emploi (avec pour corollaire la suppression des emplois du dimanche si une enseigne devait fermer après avoir ouvert ses portes en ce jour sacré) et promeuvent la flexisécurité qu’on nous sert à toutes les sauces, Curry, Tandoori... Et pourtant le tribunal de commerce de Bobigny interdit la commercialisation du joint de dilatation. On veut maintenir le dimanche chômé pour tous, les endimanchés chercheraient-ils à rendre tous les jours chômés en France ? On veut interdire le business en ce jour sacrosaint, les endimanchés occulteraient-ils l’enrichissement des églises ce jour-là ? La production de l’effet inverse de celui escompté traduit un impact certain, c’est toujours ça.
4) Le joint Venture associe deux entreprises afin qu’elles puissent mutualiser leurs compétences autour d’un projet commun et maigrir, dégraisser leurs structures et leurs emplois administratifs, comme deux obèses ambitionneraient de perdre du poids en partageant leurs couverts. Fusions, acquisitions, associations, scissions, actions, bonifications, congratulations, décorations, stock-options, privatisations, amputations, ambitions. Tous des pions au service de ces opérations, de leur prolifération. Jusqu’à la monopolisation du pouvoir, sa confiscation. Il n’y aura qu’un vainqueur. L’univers économique se densifie après le Big Bang qui a vu l’émergence des start-ups et PME en 2000, aussi créatives qu’éphémères, mortes de fiertés ou gobées par ces grosses fainéantes, ces limaces bienheureuses, ces vautours rassasiés, hyper prédateurs d’une chaîne alimentaire économique où on ne mange pas n’importe quoi. 5 Start-ups et PME par jour. Je bouffe donc je suis. Obèse. Toute l’économie croule sous le régime de l’Obèse. Court-termiste. Cours, termite ! Pour maigrir, le pouvoir Obèse délocalise, on touche des bonus pour ça, on met sa descendance à l’abri financièrement avec ça, on crée le chômage des générations futures avec ça, on rend l’argent et le travail antinomiques.
Je traverse le temps / Je suis une référence / Je suis omniprésent / Je deviens omniscient / J´ai envahi le monde / Que je ne connais pas / Peu importe j´en parle / Peu importe je sais / J´ai les hommes à mes pieds / Huit milliards potentiels / De crétins asservis / A part certains de mes amis / Du même monde que moi / Vous n´imaginez pas / Ce qu´ils sont gais.
5) Le « join us » ouvre d’un clic les portes d’un gigantesque réseau social, d’une famille élargie, recomposée, développe les ramifications d’une amitié virtuelle qui ne demandent qu’à se multiplier, offre à sa communauté une kyrielle de détails croustillants auxquels on s’abonne et dont l’absence nous place en état de manque anxiogène, nous addicte sa loi, loi du plus fort, loi dont on anticipe déjà les prochains projets, projets aux idées intarissables, qui ne satisfont pas notre satiété, qui ne satisfont pas notre société, loi qui pour se donner du sens se tournera un jour vers l’odorat. On pourrait imaginer le déploiement mondial de capteurs/diffuseurs olfactifs qui propageraient à son interlocuteur l’odeur que l’on respire (par le biais d’une codification de l’odeur sur 64 bits et d’une transmission via IP), ou recevoir l’air iodé d’un ami virtuel en vacances au bord de la mer. On pourrait accompagner les smileys d’arômes apaisants prédéfinis…ou au contraire balancer des insultes escortées de relents putrides. On pourrait partager son odeur de transpiration après avoir tapé « je reviens d’un footing ». Un Homme de pouvoir pourrait gazer un peuple d’armes chimiques via Internet, gazage que seules des analyses de trames IP pourraient déceler, ce qui ne changerait rien au final, car les pays ne seraient plus que des communautés d’ordinateurs aux frontières et responsabilités floutées. Houellebecq voyait juste, cette île est possible, ce n’est pas l’île de l’inCantation. Pour prendre tout son sens, il ne manquerait alors à la communication virtuelle que le toucher, pour lui permettre de toucher le fond.
6) Et enfin, celui auquel on pense tous en premier lieu. Celui dont on évoque à demi-mots la dépénalisation, dépénalisation qui dézinguerait ces petits rois de pacotille au risque de voir la pacotille s’approcher trop près de nos enfants. Je n’ai qu’une question à ce sujet. D’un côté une substance prohibée mais déjà répandue sur la place publique, nos enfants qu’on pense protéger en cultivant cet interdit comme d’autres cultivent d’autres choses, de l’autre ses revendeurs qui déambulent à bord de BMW rutilantes au train de vie faisant fantasmer la jeunesse désintégrée ; alors où doit-on positionner la ligne de démarcation ?
Si ce blog était ce joint, il vous serait proposé de le faire tourner, de clic en clic, à coups de « +1 », « J’aime », avec la garantie de n’enfumer personne sauf celles et ceux qui ne mangeraient pas de ce pain-là et qui recevraient un jour ou l’autre un deuxième tiers plus salé.
Slam électronique
On s’est gaufrés comme leurs cheveux dissimulés
Méprise ! Elles méprisent et elles snobent et elles toisent
Arborent leur différence et leur identité
En défiant du regard presqu’en cherchant les noises
On s’est plantés comme des choux gras à la mode
Les sommant de s’émanciper de mettre les voiles
Tant avant elles sont mortes en rêvant de l’exode
D’où notre incitation à lever le voile
On s’était leurrés comme on les avait leurrées
Avant l’heure l’uniforme en recrudescence
Qu’elles exhibent avec pudeur pour mieux dévoiler
Un pacte d’équité non immolé par essence
On les voulait nues, non dénuées de bon sens
On les voulait libres, volages et insoumises
Elles se protègent, elles nous protègent de nos sens
Prisonniers des fantasmes…que le mystère attise…
Nul n’a le monopole de l’interprétation de cet e-slam
Qui dans l’excès profite aux ignorants à l’arrière des taxis
Sinon par les idées nul ne domptera ce retour de Flam
Capitaine qui vient jusqu’ici sans être de notre galaxie
Ne jalouserions-nous pas leur foi ?
Dépités, nos rêves se sont fait la malle
Adhésions conversions nous fourvoient
Alimentent nos conclusions à deux balles
Autour des oliviers palpitent les origines
Avant nous tout a été pillé, rêves, idéaux, Cash
Reste l’intégrisme que le Boson de Higgs torpille mine
Si le temps le permet, après le Big Bang le Big Crunch
Dans ce contexte propice c’est l’affreuse qui monte
A visage découvert, blonde elle nous inonde
De clichés et idées simplistes et immondes
Sous couvert de tous ces voiles sur la Joconde
On peut être laïque et agnostique
Comprendre l’Islam, bien relire cet e-slam
Et devant des excès ne pas rester stoïque
Sans toucher le fond qui précède sa lame
On les avait prévenues « faut mettre les voiles »
Et comme une lettre qu’elles ont prise à son pied
Le « s » le pluriel ont disparu de la toile
Et le pluralisme les a abandonnées
Certaines osent, d’autres n’osent pas
Certaines choisissent, d’autres pas
Celles qui choisissent à grands pas
Condamnent celles qui n’osent pas
On peut récuser les polygames
Défendre l’Islam et ce Grand Corps
Malade qu’on accable à tort
Sans qu’il n’y ait d’amalgames
On peut être critique, laïque et agnostique
Comprendre les musulmans, comprendre l’Islam
Aimer la viande les légumes et bouffer chez Quick
Aimer le sucre et bouffer de l’aspartame
D’un côté, voilée c’est toujours mieux que rien
Personne ne peut s’enticher d’un drap
Voilée pour ne plus trahir les siens
Sauf à finir entre deux beaux draps
Cet e-slam est un défi rieur
Lancé pour qu’elles se dévoilent
Dévoilent leur beauté intérieure
Croient à poils en leur belle étoile
On s’est gaufrés comme leurs cheveux dissimulés
C’est peut-être ça la beauté intérieure
Les grandes dames camouflent leurs traits les plus laids
Au grand dam du ministère de l’Intérieur
A trop vouloir forcer la nature, de botox
Le voile censure les ravages du temps
Plutôt que chirurgie, maquillage et intox
Le voile camoufle formes et visages déplaisants
On les pensait toutes asservies, avilies
Beaucoup font pourtant ce choix arbitraire
Qui laisse deviner des dessous avachis
Il ne leur reste qu’à prouver le contraire
Méprise ! Elles méprisent et elles snobent et elles toisent
Arborent leur différence et leur identité
En défiant du regard presqu’en cherchant les noises
On s’est plantés comme des choux gras à la mode
Les sommant de s’émanciper de mettre les voiles
Tant avant elles sont mortes en rêvant de l’exode
D’où notre incitation à lever le voile
On s’était leurrés comme on les avait leurrées
Avant l’heure l’uniforme en recrudescence
Qu’elles exhibent avec pudeur pour mieux dévoiler
Un pacte d’équité non immolé par essence
On les voulait nues, non dénuées de bon sens
On les voulait libres, volages et insoumises
Elles se protègent, elles nous protègent de nos sens
Prisonniers des fantasmes…que le mystère attise…
Nul n’a le monopole de l’interprétation de cet e-slam
Qui dans l’excès profite aux ignorants à l’arrière des taxis
Sinon par les idées nul ne domptera ce retour de Flam
Capitaine qui vient jusqu’ici sans être de notre galaxie
Ne jalouserions-nous pas leur foi ?
Dépités, nos rêves se sont fait la malle
Adhésions conversions nous fourvoient
Alimentent nos conclusions à deux balles
Autour des oliviers palpitent les origines
Avant nous tout a été pillé, rêves, idéaux, Cash
Reste l’intégrisme que le Boson de Higgs torpille mine
Si le temps le permet, après le Big Bang le Big Crunch
Dans ce contexte propice c’est l’affreuse qui monte
A visage découvert, blonde elle nous inonde
De clichés et idées simplistes et immondes
Sous couvert de tous ces voiles sur la Joconde
On peut être laïque et agnostique
Comprendre l’Islam, bien relire cet e-slam
Et devant des excès ne pas rester stoïque
Sans toucher le fond qui précède sa lame
On les avait prévenues « faut mettre les voiles »
Et comme une lettre qu’elles ont prise à son pied
Le « s » le pluriel ont disparu de la toile
Et le pluralisme les a abandonnées
Certaines osent, d’autres n’osent pas
Certaines choisissent, d’autres pas
Celles qui choisissent à grands pas
Condamnent celles qui n’osent pas
On peut récuser les polygames
Défendre l’Islam et ce Grand Corps
Malade qu’on accable à tort
Sans qu’il n’y ait d’amalgames
On peut être critique, laïque et agnostique
Comprendre les musulmans, comprendre l’Islam
Aimer la viande les légumes et bouffer chez Quick
Aimer le sucre et bouffer de l’aspartame
D’un côté, voilée c’est toujours mieux que rien
Personne ne peut s’enticher d’un drap
Voilée pour ne plus trahir les siens
Sauf à finir entre deux beaux draps
Cet e-slam est un défi rieur
Lancé pour qu’elles se dévoilent
Dévoilent leur beauté intérieure
Croient à poils en leur belle étoile
On s’est gaufrés comme leurs cheveux dissimulés
C’est peut-être ça la beauté intérieure
Les grandes dames camouflent leurs traits les plus laids
Au grand dam du ministère de l’Intérieur
A trop vouloir forcer la nature, de botox
Le voile censure les ravages du temps
Plutôt que chirurgie, maquillage et intox
Le voile camoufle formes et visages déplaisants
On les pensait toutes asservies, avilies
Beaucoup font pourtant ce choix arbitraire
Qui laisse deviner des dessous avachis
Il ne leur reste qu’à prouver le contraire
La ligne de démarcation
D’un côté, on élit Scarlett Johansson femme la plus sexy du monde, on vote par SMS pour d’illustres inconnus qui se trémoussent sur des plateaux télé, on démocratise le vulgaire, on le vulgarise, on twitte sur les seins de Rihanna, on parie sur des résultats sportifs, on est addict au bling bling, à ce qui brille, aux paillettes, au paraître, on fait mousser, on vernit tout ce qui s’effrite jusqu’au bout des ongles, on regarde la lumière et on s’y voit, on s’élève en bassesses, on lève son verre à n’en plus finir, on porte des toasts…mais des toasts à qui ?, on se starifie en s’exhibant sur les réseaux sociaux, on se met en scène.
De l’autre, la lumière non artificielle. On met en scène les autres et pour les autres, avec l’obsession d’aller au bout des choses, sans rechercher absolument la lumière mais en l’hébergeant à chacune de ses incursions, à chaque pièce, à chaque film, avant de la voir s’enfuir immédiatement dès le rideau tombé, lumière pressée, lumière ingrate mais méritoire car naturelle, lumière souvent posthume, trop tardive, lumière rappelant aux spectateurs consuméristes ce qu’ils ont tant aimé avant de vaquer à d’autres « occupations », lumière nécrologique saluant les carrières exceptionnelles à l’instar de celle antistar de Patrice Chéreau, qui préférait le train à l’Eurostar, dont l’œuvre globale, totale, est saluée par ses acteurs qu’il aimait tant, ses acteurs qui l’aimaient tant. Et puis l’ombre. On fait de la recherche fondamentale pour que dalle, on s’évertue à trouver des remade in France contre l’Alzheimer, des parades au Sida et au cancer pour des clopinettes dont on veut réduire la consommation, on méconnait les justes, les fourmis de l’humanité qui n’ont pas le temps d’aller à la Cigale, on ambitionne d’aller vivre sur la Lune, de dépolluer la Terre, on invente, on crée, on se donne corps et âme pour le Nobel jusqu’à la conversion, on soigne, on imagine, on s’enthousiasme, on s’exaspère on désespère, on crève la dalle, on se rince la dalle pour qu’eux dallent.
D’un côté, on deale, adeptes du Big Deal, ignorant tout du New Deal, on dealapide en dealettante, on espère gagner au Loto, on aspire à devenir professionnel de football, on oublie que les agents n’y manquent pas d’r.., on table sur un beau mariage, on table sur la multiplication, on espère ferrer la perle rare comme on pêche un poisson à qui on éclate la gueule, on implore la chance, la réussite, des dieux, on peut s’engager pour une cause facile tant qu’elle ne requiert pas trop de temps, tant que ça reste un loisir, tant que ça n’empiète pas trop sur son temps, on aide par intérêt, on attend un retour, sur investissement, qui ne vient jamais, car le retour vient après l’aller devenu pis-aller, on n’investit plus, à charge de revanche, on brigue la richesse immédiate et ses signes extérieurs, les marques, la marque au crocodeal, on consacre toute son énergie à dénicher un terrain fertile en argent facile comme les texans achetaient à l’aveugle des terres qu’ils retournaient dans l’espoir d’en voir jaillir du pétrole, terre à terre, on sert sa cause en premier lieu, on soigne sa com’ mais on parle ça comm’.
De l’autre, on fait des rêves qu’on ne réalisera jamais, on fantasme, on vibre. On s’évade pour ne plus être où on est, on idéalise, on a des utopies, des phobies destructrices. On avance puis on recule. On demande de l’aide, la seule aide disponible est l’aide en ligne, même l’épicier ne l’est plus, racheté par Carrefour en 2012. On donne sa vie pour une cause, souvent perdue. On brigue la richesse, spirituelle, sans abuser de spiritueux ou alors c’est une soumission. On s’engage, on engage une course contre la montre, plus le temps passe, plus on redoute de décevoir l’enfant qu’on était, plus on achète à la Redoute, plus le champ des possibles se referme.
D’un côté, des millions brassés, une justice sur laquelle on peut faire pression politiquement, médiatiquement, on gruge en puissance, des dés pipés sans jamais casser sa pipe, en toute impunité, en toute immunité, l’argent public se volatilise on ne sait où, c’est incontrôlable on nous dit. 10000 licenciés par-ci, 10000 par là. C’est la loi du nombre, une interprétation de la démocratie, une manipulation sordide.
De l’autre, des redressements, des pénalités, des fichages Banque de France pour des impayés dérisoires dont l’action de fichage coûte souvent plus cher que le montant de l’impayé, le fameux syndrome de la redevance télé (alors qu’on devrait nous payer pour la regarder), on survit d’allocations et d’aides de l’Etat en étant pointés du doigt par ceux qui détournent l’argent public, on culpabilise, on vit des fins de mois oppressantes, on se demande comment font les autres. On paie tout et n’importe quoi, on se paie notre tête, bientôt on paiera l’air qu’on respire, ça deviendra irrespirable.
D’un côté le fric et la frime en vacances.
De l’autre les frasques et Fram en vacances.
D’un côté, la frime mousse.
De l’autre, la frimousse.
D’un côté l’argent facile, la quête absolue de l’absence d’effort, le culte de la fainéantise, l’apologie de la paresse, la société du plaisir et du loisir à tout prix, il faut être heureux. La réussite d’une vie se mesure à ça, au confort qui nous habille. Cœur, chaumière, compte en banque. L’argent facile. L’argent trop facile. L’argent facile qu’on a rendu possible. L’argent facile qu’on démocratise. L’argent facile qui prospère. Youpla Boum. Un taux de chômage sans précédent mais des postes non pourvus car jugés trop besogneux. Un taux de réussite au bac sans précédent mais des jeunes dans l’incapacité de mettre en pratique leurs connaissances. Des jeunes démobilisés. Des jeunes hyper cultivés qui s’abêtissent. Des réseaux sociaux largement déployés mais un isolement sans précédent. Du temps qu’on ne supporte plus de perdre, on klaxonne, dans les files d’attente il faut occuper le temps, paralléliser, pianoter sur son mobile, envoyer à ses amis virtuels « Pfff ! Je fais la queue ! :-) :-( ».
De l’autre, une quête d’absolu, de sens à sa vie. L’immatérialisme comme valeur. Du temps qu’on ne supporte plus de perdre, dans les files d’attente, en voyant les autres passer devant, on klaxonne.
D’un côté, on s’inquiète de voir des condamnés en e-liberté, hors les murs des prisons, on s’inquiète aussi en théorisant sur la prison qui violente, embrigade, sectarise, islamise, on stigmatise ces usines à fabriquer des criminels, on ironise sur le fait que ce sont les seules usines françaises en expansion, on ne veut plus voir un condamné dehors, on condamne à perpétuité, qui vole un œuf vole un bœuf.
De l’autre, on s’inquiète de la surpopulation carcérale, on réalise que les conditions de détention proches de l’élevage de bétail transforme les condamnés en animaux à la différence près qu’ils ne finiront pas hallal sous couvert de la loi, on s’émeut de constater que la prison ne laisse pas indemne, c’est l’indemnité du condamné, on ne place pas au même niveau tous les délits, on discerne, le discernement c’est la valeur ajoutée de l’homme, ce qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer, ni en 84 ni jamais. On discerne.
Et entre les deux camps, une ligne de démarcation virtuelle. Une ligne imaginaire, pas la ligne Maginot : on fait tous partie des deux camps. On peut passer d’un camp à l’autre sans risquer les balles, pas de no man’s land comme à Berlin. Ce n’est pas seulement le mur qui a chuté, ce sont aussi les idées. Depuis que les blocs communistes se sont effondrés, depuis qu’on sait comment les blocs communistes ont gouverné, les idéalismes ont morflé. Il reste la démocratie capitaliste ou la dictature. La résignation ou les idées faciles, manichéennes, blanches ou noires mais blanches avant tout, la montée de la haine qui ne fait plus honte à ses partisans. Pourtant on mérite bien mieux que ça. La crise actuelle est surtout une crise d’idéaux. On a autant besoin d’idéaux que d’argent. Il y a dix ans, on disait que c’était une fin de siècle, maintenant on dit que c’est une fin de cycle. On n’en sortira pas sans nouvelle idée. Pourtant personne n’imagine d’autres voies que les recettes du passé. La facilité est l’ennemie du bien.
L’équilibre est instable. On oscille : on ose puis on cille. Notre trajectoire est sinusoïdale, la tempête n’en finit plus de donner son avis, la mer est agitée, l’amplitude des hauts et des bas augmente, la ligne de flottaison intime gigue, l’écart se creuse puis se resserre avant de se débiner et de laisser la place à…l’étau. Toute notre énergie est alternative, faudrait un convertisseur alternatif/continue, y en a partout, c’est juste un hacheur pas cher, mais si c’est pas cher c’est produit hors de France, forcément, on sait plus s’ « il faut avoir les moyens », ou s’« il faut se donner les moyens » sans qu’ils ne « justifient la fin ». On ne sait plus s’« il faut donner un sens à sa vie » ou s’« il faut profiter de la vie ». On ne sait plus s’ « il faut assurer ses arrières » ou s’« il ne faut pas regarder derrière soi ». On dit qu’« il faut souffrir pour être beau » mais on a beau chercher, ceux qui ne souffrent pas sont plus beaux. On a le choix entre l’eau vive ou l’eau-de-vie, « c’est la vie » !
On dit que l’argent pourrit tout. Non. Trop facile. De tels raccourcis déresponsabilisent, infantilisent, rendent passif, spectateur de notre société. Ce n’est pas l’argent qui pourrit tout, c’est l’argent facile, c’est la facilité.
On franchit allègrement la ligne de démarcation dans un sens ou dans l’autre, les missions (conversion, espionnage, curiosité, contradiction, hésitation, bipolarité…) en territoire adverse sont légion, nous sommes définitivement et irrémédiablement complexes. Pourtant un jour ou l’autre, il faudra choisir son camp.
Choisir son camp car on ne peut plus se laisser gangréner par l’absence de perspective, par la haine, par les extrémismes, par les idées faciles qui ont engendré ce qu’on sait et qui laissent à penser que ses partisans sont soit incultes soit mal intentionnés, les deux restant possibles. On ne peut plus ne pas dormir sous prétexte qu’on n’a plus de rêve.
Choisir son camp car on n’a pas le droit de laisser les extrêmes sur les devants de la scène, ça a déjà été essayé en 1933 en Allemagne. Si on leur laisse le pouvoir, même juste pour voir, ils le confisqueront, on ne le reverra plus sauf au prix du sang et des larmes. On mérite mieux que ça. On ne mérite pas de faire partie d’une génération qui régresse à l’échelle de l’humanité, c’est-à-dire une génération qui n’aurait rien appris du passé.
Choisir son camp car on n’a pas le droit de laisser la scène à ces spectateurs qui veulent faire l’acteur en balançant des tomates, on sait quel navet ils préparent, c’est du réchauffé, on a vu à Marignane, Orange, Vitrolles. Censurer les bibliothèques et la programmation à l’échelle d’une ville est éloquent, démontre ce qui pourrait être fait à plus grande échelle. On préfère les voir jouer à la courte échelle et se ramasser.
Taxons l’argent facile et sa redistribution coulera de source.
Souviens-toi / Il est planté là / C’est tout l’or de nos vies / Ramène-le moi / Pour une seconde / Et pour essayer / Voir si la route est longue / Et si elle me plait.
Déterminons un critère de pénibilité, celui-là même dont il est question pour les retraites. Pondérons, discernons.
Indexons le taux d’imposition sur la pénibilité et la prise de risques. Sans stigmatiser les entrepreneurs, sans kolkhoïzer la réussite, autre leçon du passé. Il est juste qu’un entrepreneur qui prend des risques récolte les fruits de son audace. Il est juste qu’un homme qui prend la responsabilité d’en employer d’autres puisse s’enrichir. Il est juste qu’un homme soit rétribué en conséquence si sa vision stratégique et ses choix pérennisent de nombreux emplois.
Que penser en revanche d’un individu qui siégerait dans un ou plusieurs conseils d’administration, qui serait assis sur une mine d’or et qui continuerait de s’enrichir sans rien faire, sans rien partager ?
Que penser de tous ces foyers aux revenus élevés qui investissent dans l’immobilier et défiscalisent en masse avec la complicité de tous les gouvernements ? Sait-on que par ce biais leur Quotient Familial est au plus bas ? Sait-on qu’ils reçoivent toutes les subventions basées sur le Quotient Familial, qu’ils paient la cantine scolaire au prix le plus bas par exemple ?
La défiscalisation n’est-elle pas une incitation au surendettement ?
Tant qu’il y aura des hommes…et de l’argent facile, chacun cherchera à « en être », chacun s’estimera lésé, chacun s’efforcera de franchir la ligne jaune, la ligne de démarcation dont les gouvernements ne s’aventurent qu’à en modifier les règles du jeu, armés d’un tournevis de poche.
Redonnons à l’argent une odeur, celle de la sueur.
De l’autre, la lumière non artificielle. On met en scène les autres et pour les autres, avec l’obsession d’aller au bout des choses, sans rechercher absolument la lumière mais en l’hébergeant à chacune de ses incursions, à chaque pièce, à chaque film, avant de la voir s’enfuir immédiatement dès le rideau tombé, lumière pressée, lumière ingrate mais méritoire car naturelle, lumière souvent posthume, trop tardive, lumière rappelant aux spectateurs consuméristes ce qu’ils ont tant aimé avant de vaquer à d’autres « occupations », lumière nécrologique saluant les carrières exceptionnelles à l’instar de celle antistar de Patrice Chéreau, qui préférait le train à l’Eurostar, dont l’œuvre globale, totale, est saluée par ses acteurs qu’il aimait tant, ses acteurs qui l’aimaient tant. Et puis l’ombre. On fait de la recherche fondamentale pour que dalle, on s’évertue à trouver des remade in France contre l’Alzheimer, des parades au Sida et au cancer pour des clopinettes dont on veut réduire la consommation, on méconnait les justes, les fourmis de l’humanité qui n’ont pas le temps d’aller à la Cigale, on ambitionne d’aller vivre sur la Lune, de dépolluer la Terre, on invente, on crée, on se donne corps et âme pour le Nobel jusqu’à la conversion, on soigne, on imagine, on s’enthousiasme, on s’exaspère on désespère, on crève la dalle, on se rince la dalle pour qu’eux dallent.
D’un côté, on deale, adeptes du Big Deal, ignorant tout du New Deal, on dealapide en dealettante, on espère gagner au Loto, on aspire à devenir professionnel de football, on oublie que les agents n’y manquent pas d’r.., on table sur un beau mariage, on table sur la multiplication, on espère ferrer la perle rare comme on pêche un poisson à qui on éclate la gueule, on implore la chance, la réussite, des dieux, on peut s’engager pour une cause facile tant qu’elle ne requiert pas trop de temps, tant que ça reste un loisir, tant que ça n’empiète pas trop sur son temps, on aide par intérêt, on attend un retour, sur investissement, qui ne vient jamais, car le retour vient après l’aller devenu pis-aller, on n’investit plus, à charge de revanche, on brigue la richesse immédiate et ses signes extérieurs, les marques, la marque au crocodeal, on consacre toute son énergie à dénicher un terrain fertile en argent facile comme les texans achetaient à l’aveugle des terres qu’ils retournaient dans l’espoir d’en voir jaillir du pétrole, terre à terre, on sert sa cause en premier lieu, on soigne sa com’ mais on parle ça comm’.
De l’autre, on fait des rêves qu’on ne réalisera jamais, on fantasme, on vibre. On s’évade pour ne plus être où on est, on idéalise, on a des utopies, des phobies destructrices. On avance puis on recule. On demande de l’aide, la seule aide disponible est l’aide en ligne, même l’épicier ne l’est plus, racheté par Carrefour en 2012. On donne sa vie pour une cause, souvent perdue. On brigue la richesse, spirituelle, sans abuser de spiritueux ou alors c’est une soumission. On s’engage, on engage une course contre la montre, plus le temps passe, plus on redoute de décevoir l’enfant qu’on était, plus on achète à la Redoute, plus le champ des possibles se referme.
D’un côté, des millions brassés, une justice sur laquelle on peut faire pression politiquement, médiatiquement, on gruge en puissance, des dés pipés sans jamais casser sa pipe, en toute impunité, en toute immunité, l’argent public se volatilise on ne sait où, c’est incontrôlable on nous dit. 10000 licenciés par-ci, 10000 par là. C’est la loi du nombre, une interprétation de la démocratie, une manipulation sordide.
De l’autre, des redressements, des pénalités, des fichages Banque de France pour des impayés dérisoires dont l’action de fichage coûte souvent plus cher que le montant de l’impayé, le fameux syndrome de la redevance télé (alors qu’on devrait nous payer pour la regarder), on survit d’allocations et d’aides de l’Etat en étant pointés du doigt par ceux qui détournent l’argent public, on culpabilise, on vit des fins de mois oppressantes, on se demande comment font les autres. On paie tout et n’importe quoi, on se paie notre tête, bientôt on paiera l’air qu’on respire, ça deviendra irrespirable.
D’un côté le fric et la frime en vacances.
De l’autre les frasques et Fram en vacances.
D’un côté, la frime mousse.
De l’autre, la frimousse.
D’un côté l’argent facile, la quête absolue de l’absence d’effort, le culte de la fainéantise, l’apologie de la paresse, la société du plaisir et du loisir à tout prix, il faut être heureux. La réussite d’une vie se mesure à ça, au confort qui nous habille. Cœur, chaumière, compte en banque. L’argent facile. L’argent trop facile. L’argent facile qu’on a rendu possible. L’argent facile qu’on démocratise. L’argent facile qui prospère. Youpla Boum. Un taux de chômage sans précédent mais des postes non pourvus car jugés trop besogneux. Un taux de réussite au bac sans précédent mais des jeunes dans l’incapacité de mettre en pratique leurs connaissances. Des jeunes démobilisés. Des jeunes hyper cultivés qui s’abêtissent. Des réseaux sociaux largement déployés mais un isolement sans précédent. Du temps qu’on ne supporte plus de perdre, on klaxonne, dans les files d’attente il faut occuper le temps, paralléliser, pianoter sur son mobile, envoyer à ses amis virtuels « Pfff ! Je fais la queue ! :-) :-( ».
De l’autre, une quête d’absolu, de sens à sa vie. L’immatérialisme comme valeur. Du temps qu’on ne supporte plus de perdre, dans les files d’attente, en voyant les autres passer devant, on klaxonne.
D’un côté, on s’inquiète de voir des condamnés en e-liberté, hors les murs des prisons, on s’inquiète aussi en théorisant sur la prison qui violente, embrigade, sectarise, islamise, on stigmatise ces usines à fabriquer des criminels, on ironise sur le fait que ce sont les seules usines françaises en expansion, on ne veut plus voir un condamné dehors, on condamne à perpétuité, qui vole un œuf vole un bœuf.
De l’autre, on s’inquiète de la surpopulation carcérale, on réalise que les conditions de détention proches de l’élevage de bétail transforme les condamnés en animaux à la différence près qu’ils ne finiront pas hallal sous couvert de la loi, on s’émeut de constater que la prison ne laisse pas indemne, c’est l’indemnité du condamné, on ne place pas au même niveau tous les délits, on discerne, le discernement c’est la valeur ajoutée de l’homme, ce qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer, ni en 84 ni jamais. On discerne.
Et entre les deux camps, une ligne de démarcation virtuelle. Une ligne imaginaire, pas la ligne Maginot : on fait tous partie des deux camps. On peut passer d’un camp à l’autre sans risquer les balles, pas de no man’s land comme à Berlin. Ce n’est pas seulement le mur qui a chuté, ce sont aussi les idées. Depuis que les blocs communistes se sont effondrés, depuis qu’on sait comment les blocs communistes ont gouverné, les idéalismes ont morflé. Il reste la démocratie capitaliste ou la dictature. La résignation ou les idées faciles, manichéennes, blanches ou noires mais blanches avant tout, la montée de la haine qui ne fait plus honte à ses partisans. Pourtant on mérite bien mieux que ça. La crise actuelle est surtout une crise d’idéaux. On a autant besoin d’idéaux que d’argent. Il y a dix ans, on disait que c’était une fin de siècle, maintenant on dit que c’est une fin de cycle. On n’en sortira pas sans nouvelle idée. Pourtant personne n’imagine d’autres voies que les recettes du passé. La facilité est l’ennemie du bien.
L’équilibre est instable. On oscille : on ose puis on cille. Notre trajectoire est sinusoïdale, la tempête n’en finit plus de donner son avis, la mer est agitée, l’amplitude des hauts et des bas augmente, la ligne de flottaison intime gigue, l’écart se creuse puis se resserre avant de se débiner et de laisser la place à…l’étau. Toute notre énergie est alternative, faudrait un convertisseur alternatif/continue, y en a partout, c’est juste un hacheur pas cher, mais si c’est pas cher c’est produit hors de France, forcément, on sait plus s’ « il faut avoir les moyens », ou s’« il faut se donner les moyens » sans qu’ils ne « justifient la fin ». On ne sait plus s’« il faut donner un sens à sa vie » ou s’« il faut profiter de la vie ». On ne sait plus s’ « il faut assurer ses arrières » ou s’« il ne faut pas regarder derrière soi ». On dit qu’« il faut souffrir pour être beau » mais on a beau chercher, ceux qui ne souffrent pas sont plus beaux. On a le choix entre l’eau vive ou l’eau-de-vie, « c’est la vie » !
On dit que l’argent pourrit tout. Non. Trop facile. De tels raccourcis déresponsabilisent, infantilisent, rendent passif, spectateur de notre société. Ce n’est pas l’argent qui pourrit tout, c’est l’argent facile, c’est la facilité.
On franchit allègrement la ligne de démarcation dans un sens ou dans l’autre, les missions (conversion, espionnage, curiosité, contradiction, hésitation, bipolarité…) en territoire adverse sont légion, nous sommes définitivement et irrémédiablement complexes. Pourtant un jour ou l’autre, il faudra choisir son camp.
Choisir son camp car on ne peut plus se laisser gangréner par l’absence de perspective, par la haine, par les extrémismes, par les idées faciles qui ont engendré ce qu’on sait et qui laissent à penser que ses partisans sont soit incultes soit mal intentionnés, les deux restant possibles. On ne peut plus ne pas dormir sous prétexte qu’on n’a plus de rêve.
Choisir son camp car on n’a pas le droit de laisser les extrêmes sur les devants de la scène, ça a déjà été essayé en 1933 en Allemagne. Si on leur laisse le pouvoir, même juste pour voir, ils le confisqueront, on ne le reverra plus sauf au prix du sang et des larmes. On mérite mieux que ça. On ne mérite pas de faire partie d’une génération qui régresse à l’échelle de l’humanité, c’est-à-dire une génération qui n’aurait rien appris du passé.
Choisir son camp car on n’a pas le droit de laisser la scène à ces spectateurs qui veulent faire l’acteur en balançant des tomates, on sait quel navet ils préparent, c’est du réchauffé, on a vu à Marignane, Orange, Vitrolles. Censurer les bibliothèques et la programmation à l’échelle d’une ville est éloquent, démontre ce qui pourrait être fait à plus grande échelle. On préfère les voir jouer à la courte échelle et se ramasser.
Taxons l’argent facile et sa redistribution coulera de source.
Souviens-toi / Il est planté là / C’est tout l’or de nos vies / Ramène-le moi / Pour une seconde / Et pour essayer / Voir si la route est longue / Et si elle me plait.
Déterminons un critère de pénibilité, celui-là même dont il est question pour les retraites. Pondérons, discernons.
Indexons le taux d’imposition sur la pénibilité et la prise de risques. Sans stigmatiser les entrepreneurs, sans kolkhoïzer la réussite, autre leçon du passé. Il est juste qu’un entrepreneur qui prend des risques récolte les fruits de son audace. Il est juste qu’un homme qui prend la responsabilité d’en employer d’autres puisse s’enrichir. Il est juste qu’un homme soit rétribué en conséquence si sa vision stratégique et ses choix pérennisent de nombreux emplois.
Que penser en revanche d’un individu qui siégerait dans un ou plusieurs conseils d’administration, qui serait assis sur une mine d’or et qui continuerait de s’enrichir sans rien faire, sans rien partager ?
Que penser de tous ces foyers aux revenus élevés qui investissent dans l’immobilier et défiscalisent en masse avec la complicité de tous les gouvernements ? Sait-on que par ce biais leur Quotient Familial est au plus bas ? Sait-on qu’ils reçoivent toutes les subventions basées sur le Quotient Familial, qu’ils paient la cantine scolaire au prix le plus bas par exemple ?
La défiscalisation n’est-elle pas une incitation au surendettement ?
Tant qu’il y aura des hommes…et de l’argent facile, chacun cherchera à « en être », chacun s’estimera lésé, chacun s’efforcera de franchir la ligne jaune, la ligne de démarcation dont les gouvernements ne s’aventurent qu’à en modifier les règles du jeu, armés d’un tournevis de poche.
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